Axa France veut rajeunir son image et sa clientèle
A la recherche de relais de croissance, Axa France a dévoilé une double initiative hier: une offre dans l’assurance destinée aux 18-29 ans, ainsi qu’une offre bancaire 100% smartphone.
Ces offres répondent à plusieurs exigences: répondre aux initiatives rivales dans la banque en ligne (la dernière en date étant Hello Bank, de BNP Paribas) alors que les revenus d’Axa Banque ont reculé en 2012, et percer chez les jeunes, clientèle traditionnellement préemptée par les assureurs mutualistes, aux tarifs très concurrentiels.
La part de marché d’Axa France dans l’assurance chez les jeunes est en effet deux fois inférieure à sa part de marché totale (8%, soit 565.000 assurés contre 16%). Son taux de rétention à plus de quatre ans dans ce segment de clientèle particulièrement volatil n’est également pas satisfaisant. L’assureur n’a pas voulu le communiquer.
Baptisée Switch, l’offre d’assurance regroupe des contrats exclusifs à la tranche d’âge 18-29 ans, avec des couvertures créées pour répondre aux préoccupations des étudiants et des jeunes actifs: contrats habitation (couverture des colocataires, du matériel informatique, etc.) et automobile (bonus accéléré, assistance devis, taxi pour des retours de soirée difficiles…) pouvant être souscrits totalement en ligne, et pass «bons plans».
«Nous avons l’objectif d’augmenter de 30% notre recrutement annuel chez les jeunes», indique Amélie Oudéa-Castéra, directrice du marketing et du digital d’Axa France. Lequel est actuellement compris entre 125.000 et 130.000. Rapporté au nombre de clients dans ce segment, il montre un taux de fuite important.
Là se trouve l’articulation avec la future offre bancaire, car «la banque est fidélisante», précise la directrice du marketing. Baptisée Soon («bientôt» en anglais, mais comprendre aussi «So on», pour «ainsi de suite»), elle n’est pas réservée aux jeunes. Elle contient toutefois des fonctions liées à des préoccupations de cette population, comme le «reste à dépenser» pour maîtriser son budget, épargne pour financer des projets de manière ludique, la souscription électronique zéro papier…
Mais Soon est actuellement en rodage. Un «soft launch» est prévu en juillet, pour un lancement officiel «au début du quatrième trimestre». Du coup, son lien avec l’assurance s'écrit en pointillés. Ainsi, la plaquette commerciale de Switch n’y fait pas allusion dans sa partie destinée à l’offre bancaire.
Plus d'articles du même thème
-
EXCLUSIFMirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
La filiale de Natixis IM est entrée en discussions exclusives avec la société d’investissement deeptech, qui récupérerait l’équipe de Marc Romano et renforcerait son offre dans l'investissement à impact. -
Swatch rassure sur ses ventes mais pas sur sa rentabilité
Le fabricant de montres a publié un chiffre d'affaires semestriel supérieur aux attentes mais ses résultats déçoivent. -
La technologie soutient les assureurs-crédit dans leur rôle de vigie
L’analyse annuelle du marché par AU Group pointe une situation paradoxale associant risques plus forts et prix en baisse.
ETF à la Une
La Corée du Sud suspend la cotation des ETF à effet de levier
- Les créanciers d’Altice International contre-attaquent
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur du luxe amorce une reprise au deuxième trimestre
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
Contenu de nos partenaires
-
Acétamipride-gateAprès un débat houleux, comment l’Assemblée nationale a fini par adopter la loi d’urgence agricole
Après un débat tendu, les députés ont approuvé dans la nuit de lundi à mardi la version définitive du projet de loi d’urgence agricole, qui permet la réintroduction de deux néonicotinoïdes. La ministre Monique Barbut pourrait démissionner -
Les hauts lieux du luxe artisanal : En Isère, les Paraboot refusent de partir
Au pied du massif de la Chartreuse, à Saint-Jean-de-Moirans, les chaussures de la marque continuent d’être fabriquées là où la plupart de leurs concurrentes ont quitté la France depuis longtemps. Une manufacture discrète où le luxe ne se raconte pas à coups de slogans, mais au rythme des semelles cousues, du cuir travaillé et des gestes répétés depuis plus d’un siècle. -
Robot rockIA de défense : comment Helsing maintient des ambitions en France
Avec une récente levée de fonds de 1,8 milliard de dollars, la start-up européenne grossit encore. Moins dans l’Hexagone, où elle possède toutefois un pôle recherche très dynamique