Axa et CNP restent fragilisés par l’attentisme des épargnants

L’activité des deux assureurs au premier trimestre a pâti des incertitudes continuant d’entourer la fiscalité de l’assurance vie en France
Benoît Menou

«On est dans un univers de taux bas et on fait avec», a concédé vendredi le directeur financier d’Axa, Gérald Harlin, à l’occasion de la publication des indicateurs d’activité de l’assureur au premier trimestre. Ils ont, tout comme ceux divulgués par CNP Assurances, apporté de nouveaux signes de frilosité des épargnants dans un contexte d’inquiétude sur les répercussions de la crise de la dette en zone euro. En France plus particulièrement, comme l’a souligné le directeur financier de CNP, Antoine Lissowski, la passation de pouvoir politique ne fait qu’alimenter les incertitudes concernant l’assurance vie.

«Il y a un certain attentisme lié à la structure de la fiscalité et de l’épargne en général», a insisté le dirigeant, qui considère déjà délicate l’évaluation de l’impact de mesures promises par François Hollande, comme celle du doublement du plafond du Livret A. Le calendrier électoral a même entraîné le report après le scrutin législatif de l’assemblée de CNP, sous l’impulsion de son principal actionnaire, la CDC, dont l’ancien patron, Augustin de Romanet, est candidat à la direction générale de la compagnie.

Pour l’heure toujours en poste, Gilles Benoist a tenu à souligner vendredi «une baisse de l’activité dans un environnement toujours adverse». Le chiffre d’affaires trimestriel du groupe accuse un repli de 12,9% (-7,3% en données comparables) à 7,03 milliards d’euros, l’activité restant «pénalisée par la baisse des marchés de l’épargne en Europe». En assurance vie en France, la collecte nette sur le trimestre écoulé est négative à hauteur de 300 millions d’euros, une situation que le groupe met en parallèle à une estimation par la FFSA d’une décollecte de 2 milliards pour l’ensemble du marché.

Axa (dont le chiffre d’affaires a progressé de 1,8% à 28 milliards) a de son côté publié pour son activité «vie, épargne, retraite», une collecte nette en repli d’un tiers à 2,2 milliards d’euros (contre 3,5 milliards). Celle sur les «marchés matures» est en baisse de 40% à 1,8 milliard, celle sur les «marchés à forte croissance» en recul de 20% à 800 millions. Alors que la collecte en France affiche un solde nul après un bilan positif de 500 millions début 2011, seuls les Etats-Unis (-100 contre -300 millions) et l’Asie-Pacifique (+600 contre +500 millions) bénéficient d’une relative embellie selon la répartition géographique publiée par Axa.

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