Axa et BNP Paribas distendent leurs liens

Claude Bébéar, le président d’honneur de l’assureur, sera remplacé par Pierre-André de Chalendar au conseil d’administration de la banque
Alexandre Garabedian

Une page se tourne dans la longue histoire qui unit Axa à BNP Paribas. Claude Bébéar, le président d’honneur de l’assureur, quittera le conseil d’administration de la banque le 23 mai au terme de son mandat et après douze ans de présence. BNP Paribas va en effet proposer à sa place à l’assemblée générale qui se tient ce jour-là la nomination de Pierre-André de Chalendar, le PDG de Saint-Gobain, pour un mandat de trois ans.

Axa, troisième actionnaire de BNP Paribas derrière la Belgique et les salariés du groupe avec 5,4% du capital à fin 2011, n’aura donc plus de représentant au conseil. Au siège de la compagnie, on minimisait hier l’importance de cette annonce en soulignant que Claude Bébéar siégeait désormais à titre personnel – il est même considéré comme administrateur indépendant par la banque ! – et non sous l’étiquette Axa. Il n’empêche que, vu son poids, l’assureur serait fondé à demander un siège au conseil de la rue d’Antin, d’autant que Michel Pébereau, l’ancien président de la banque, reste toujours administrateur de l’assureur, où son mandat s’achève en 2013. BNP Paribas occupe un poids comparable dans le tour de table, avec 5,2 % du capital et 8,16% des droits de vote.

«La question d’une représentation au conseil ne figure pas dans la convention qui lie les deux entreprises», précise un proche d’Axa. Cet accord, renouvelé et amendé en août 2010 pour une période de trois ans, donne à chacun des deux groupes la possibilité de racheter la part de son capital aux mains de son partenaire si ce dernier fait l’objet d’une prise de contrôle hostile.

A l’époque, en revanche, BNP Paribas et Axa n’avaient «pas renouvelé leur engagement de maintien de participations réciproques minimales, bien qu’ils n’envisagent pas à ce jour de les dénouer», précise le dernier document de référence de l’assureur. Plus rien n’empêche donc ce dernier d’alléger sa part dans la banque, qui représentait à elle seule 16% de sa poche d’investissement en actions (pour le fonds général) à fin 2011.

Avec le redressement du titre BNP Paribas sur 2012 (+20%), cette ligne est valorisée aujourd’hui près de 2,4 milliards d’euros. Détail piquant, même au plus fort de la crise, l’assureur n’a pas avoué de provisions sur cette participation, alors que BNP Paribas a déprécié la sienne à hauteur de 534 millions d’euros en 2010 et 299 millions en 2011.

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