AXA complète son dispositif en Europe centrale et orientale avec la Biélorussie

Le groupe français prend 80 % du premier acteur privé en assurance dommages de l’ex-république soviétique
Antoine Landrot

Dans son ambition de croissance en Europe, Axa n’oublie pas les pays les plus inaccessibles. L’assureur français vient ainsi de s’implanter en Biélorussie: il a annoncé hier l’acquisition de 80% de B&B Insurance, deuxième acteur du pays derrière l’entreprise d’Etat Belgosstrakh. Selon une source proche de l’opération, le solde serait détenu par l’ancien propriétaire, qui s’est vu confirmé à la direction de la société. L’information n’a pas été certifiée par Axa.

B&B Insurance, qui commercialise exclusivement des produits d’assurance dommages, a émis 29 millions d’euros de primes en 2009, à travers un réseau de 260 agents propriétaires. Selon son acquéreur, sa part de marché globale atteint 10%, mais se situe entre 20% et 40% dans les produits dont la détention n’est pas obligatoire.

«Avec moins de 20% des voitures assurées avec un produit Casco [tous risques, ndlr] et moins de 15% de foyers disposant d’une assurance habitation, le marché biélorusse offre à Axa un important potentiel de croissance», estime le groupe français dans son communiqué. Ce dernier estime en outre pouvoir s’appuyer sur son expérience en Ukraine – il contrôle à 50% plus une action deux sociétés communes avec UkrSibbank, filiale de BNP Paribas – où les comportements de consommation seraient proches. Même si aucun calendrier précis n’a été établi, l’intégration de B&B Insurance devrait prendre environ une année, à l’image de la filiale roumaine Omniasig, acquise en janvier 2010. La nouvelle filiale biélorusse prendra à terme la marque d’Axa.

Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. «Dans les marchés de ce type, le prix d’un assureur se détermine généralement en fonction du rythme de développement du marché automobile et de la rentabilité de l’activité», rappelle Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet Facts & Figures.

Or, celle-ci peut être très supérieure à celle des marchés mûrs. Le «coût» du corporel (accident ou décès) constitue la clé de voûte de cette rentabilité. Dans les marchés émergents, il est fréquent que les indemnisations se fassent à des niveaux extrêmement bas. Cela dit, l’opération peut surprendre, tant les risques politiques, macro-économiques mais aussi juridiques sont difficilement mesurables. Reste en effet à connaître la réaction des tribunaux locaux face à un assureur contrôlé par une «poche profonde» incarnée par un grand groupe international.

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