Axa affiche sa sérénité malgré la remontée des taux obligataires
Merci BNP Paribas. En vendant 2,4% de la banque, dont il reste actionnaire à 2,9%, Axa a amélioré de 151 millions d’euros son résultat courant du premier semestre. Annoncé hier, celui-ci bondit de 26% sur un an, à 2,94 milliards d’euros, tiré également par le bénéfice opérationnel des trois lignes métiers (+16%). La gestion d’actifs confirme son redressement, avec un chiffre d’affaires en hausse de 12% et une collecte nette de 12 milliards d’euros, la division vie, épargne et retraite (+ 5%) est portée par les produits de santé et prévoyance, tandis que l’assurance dommages (+2%) résiste à la stagnation des pays mûrs grâce à des tarifs en hausse et à son dynamisme dans les pays émergents.
S’estimant en bonne voie pour atteindre ses objectifs 2015, le PDG d’Axa devrait donc garder son fauteuil: le conseil d’administration propose de reconduire l’an prochain le mandat d’Henri de Castries.
Seul revers, le résultat net du groupe recule de 1%, à 2,5 milliards d’euros. Axa subit «la hausse des coûts de restructuration» (118 millions d’euros), une augmentation des pertes exceptionnelles ou liées aux cessions (140 millions), telle la vente de son portefeuille vie américain, et «l’impact négatif des dérivés de couverture de taux d’intérêt et de change» (-228 millions). «Certains instruments dérivés passent dans le compte de résultat car ils ne sont pas reconnus comme des instruments de couverture», explique Denis Duverne, directeur général délégué d’Axa.
Hormis cet impact comptable, Axa enregistre aussi une baisse de 4% de ses fonds propres, liée notamment à la baisse des plus-values latentes du portefeuille obligataire. Pour autant, «la hausse des taux est un phénomène favorable pour les assureurs, avec un impact positif à long terme pour les portefeuilles et un impact positif sur l’embedded value (valeur intrinsèque du groupe», affirme Denis Duverne qui assure avoir bien anticipé la remontée des emprunts d’Etat américains.
Pour autant, l’évolution des taux d’intérêt des obligations souveraines pèse sur la valeur du fonds général d’Axa qui diminue de 15 milliards d’euros sur le semestre, à 476 milliards d’euros. Il profite toutefois de la hausse de la marge sur affaires nouvelles, passée de 5% à 10% en un an. La gestion actif-passif permet de maintenir la marge financière nette annualisée dans la fourchette fixée, à 77 pb. Enfin, l’allocation d’actifs est restée quasi-stable, hormis le poids croissant des actions, qui pèsent désormais 4% du portefeuille.
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