Aviva fait face à la révolte de ses actionnaires
A titre personnel et au nom d’Aviva, je pense que nous pouvons et aurions pu collaborer davantage avec nos actionnaires». Les excuses de Scott Wheway, président en charge du comité de rémunération d’Aviva, n’auront pas suffi à apaiser la colère de ces derniers lors de l’assemblée générale de l’assureur qui s’est tenue hier. Pas plus que la décision par le directeur général Andrew Moss de renoncer quelques jours avant la tenue de l’assemblée à une hausse de son salaire de 4,8% accordée à partir d’avril, ce qui aurait porté sa rémunération de base à plus d’un million de livres, soit 1,2 million d’euros.
Dans une atmosphère houleuse, les actionnaires du géant de l’assurance britannique ont en effet rejeté à près de 54% le rapport sur les rémunérations des dirigeants de l’assureur, selon les premiers votes par procuration. L’assureur avait pris en début de semaine les devants pour apaiser la colère des actionnaires en proposant de lancer une consultation sur les bonus annuels mais aussi sur les rémunérations accordées aux nouveaux venus dans l’entreprise. Les investisseurs s’étaient en effet montrés particulièrement réticents devant l’attribution d’une prime de 470.000 livres en numéraire et de 2 millions de livres en actions au responsable du marché britannique Trevor Matthews, qui a rejoint l’assureur en décembre l’année dernière.
«Ce vote est purement consultatif» explique une source proche de l’assureur, «et les directions qui ont été prises en matière de rémunération vont continuer à être discutées». Reste que sur le fond, l’assureur a connu hier l’une des plus importantes révoltes d’actionnaires jamais intervenues au sein de l’une des 100 plus grosses sociétés cotées britanniques ces dernières années.
Les réorientations stratégiques successives prises par l’actuel directeur général Andrew Moss depuis sa prise de fonctions en juillet 2007, qui ont entraîné une nouvelle révolution de palais le mois dernier, ne parviennent plus à convaincre les actionnaires. Pas plus que les marchés: l’action d’Aviva a ainsi perdu quelque 24% l’an dernier et 58% depuis la prise de fonctions du directeur général. Les actionnaires ont cependant renouvelé leur confiance à Andrew Moss en votant à 95% pour le réélire à son poste.
La fronde a aussi eu lieu chez UBS. Si le paquet rémunération a été approuvé à 60% hier en AG, environ 37% des actionnaires l’ont rejeté.
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