Arkéa «désintermédie» le financement des collectivités locales
La désintermédiation du financement suit son cours: après les PME, voici les collectivités locales, confrontées à de fortes contraintes financières depuis le démantèlement de la banque Dexia. Le pôle Entreprises et institutionnels du Crédit Mutuel Arkéa a annoncé hier la création d’un fonds commun de titrisation (FCT) pour financer les conseils régionaux et généraux, ainsi que les communes de plus de 10.000 habitants.
Arkéa a fixé un premier objectif de collecte à 200 millions d’euros. Suravenir, sa filiale d’assurance, s’est engagée à apporter la moitié de ce montant, tandis que le Crédit Social des Fonctionnaires (CSF) y contribuera à hauteur de 15 millions dans un premier temps. «Nous prospectons auprès d’autres investisseurs institutionnels. Nous avons reçu de nombreuses marques d’intérêt et avons quasiment atteint notre objectif. Le fonds pourrait être opérationnel en janvier ou février, après les autorisations d’usage», explique Gérard Bayol, directeur général délégué d’Arkéa, en charge du pôle Entreprises et institutionnels. Ces investisseurs sont exclusivement français.
Le FCT proposera aux collectivités locales exclusivement – les établissements publics comme les hôpitaux sont exclus du programme – des prêts à 15 ans à taux fixe standard (de catégorie A1 selon la charte Gissler), soit un coût de 3,95% aux conditions actuelles. En outre, pour préserver un alignement d’intérêt avec les investisseurs, Arkéa abondera les prêts à hauteur de 20%. En définitive, la force de frappe totale du dispositif atteindra donc 240 millions d’euros. Cela dit, s’agissant d’un véhicule à rechargement, rien n’interdit à son instigateur de procéder à d’autres collectes par la suite.
Ce type d’initiatives répond à des logiques complémentaires: les emprunteurs obtiennent des financements, la banque répond aux besoins de ses clients sans mettre en jeu son bilan (mis sous pression par les régulateurs) et les investisseurs institutionnels (assureurs, caisses de retraite…) trouvent des placements correspondant à leurs engagements de long terme.
Arkéa travaille d’ailleurs à la constitution de fonds orientés vers d’autres classes d’actifs, comme les infrastructures, et qui intéressent notamment des institutionnels d’envergure internationale.
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