Après son amende record, BNP Paribas poursuit la recherche des responsables
BNP Paribas a enregistré une perte nette part du groupe de 4,32 milliards d’euros au deuxième trimestre, conséquence logique de la lourde perte record infligée par les autorités américaines lors du règlement de son contentieux aux Etats-Unis fin juin, selon les données publiées par la banque ce jeudi. L’impact a toutefois été amorti par la reprise des activités de banque de financement et d’investissement (BFI), ajoute BNP Paribas qui a annoncé de nouvelles mesures pour renforcer son contrôle interne.
Parmi ces mesures figurent la création d’un «comité groupe de supervision et de contrôle, présidé par le directeur général, et un comité éthique groupe» destiné à surveiller la politique de la banque dans certains pays ou secteurs sensibles. Bien que la BNP ait décidé de plaider coupable de ses agissements antérieurs, des investigations concernant de possibles responsabilités individuelles se poursuivent.
Les comptes du deuxième trimestre intègrent une charge exceptionnelle de 5,95 milliards d’euros, dont 5,75 milliards liés aux pénalités que BNP a payées et 200 millions de coûts associés à un plan destiné à remédier aux défaillances constatées déjà annoncé le 30 juin. Hors éléments exceptionnels, le résultat net ressort en hausse de 23,2% sur un an à 1,92 milliard d’euros. Le produit net bancaire du groupe baisse toutefois de 2,3%, à 9,57 milliards d’euros et reflète l’atonie de la conjoncture en zone euro.
A périmètre et change constants, les revenus des activités de banque de financement et d’investissement progressent de 14,6% à 2,4 milliards d’euros et ceux des activités de conseil et marchés de capitaux de 22,4%, à 1,54 milliard. Le produit net bancaire de la BFI avait reculé de 3,7% au premier trimestre.
Lars Machenil, directeur financier de BNP Paribas, a estimé au cours d’une interview à Reuters Insider que ces chiffres étaient le signe que les clients ne s'étaient pas détournés de la banque. La première banque de la zone euro a dû s’acquitter le 30 juin d’une amende record de 8,97 milliards de dollars et de plaider coupable de deux chefs d’accusation dans le cadre d’un accord avec les autorités américaines. Celles-ci lui reprochent d’avoir contourné pendant plusieurs années des règles d’embargo s’appliquant aux transactions en dollar, notamment au Soudan et en Iran.
La banque française devra également suspendre pendant un an, à partir du 1er janvier 2015, des opérations de compensation en dollar, principalement liées à des financements sur les marchés du pétrole et du gaz.
D’autres banques pourraient se retrouver dans le viseur de la justice américaine dans les prochains mois pour le même type de faits. Selon une source proche du dossier, les établissements allemands Commerzbank et Deutsche Bank ont récemment entamé des négociations aux Etats-Unis. De leur côté, Société générale et Crédit agricole S.A., mènent des audits internes de leurs transactions libellées en dollar.
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