Après le Japon, la Société Générale pourrait sortir de la banque privée à Singapour
Place forte de la banque privée en Asie, Singapour semble perdre de son attrait pour Société Generale Private Banking. Selon Reuters, la succursale de la cité-Etat, qui compterait de 10 à 12 milliards d’euros d’actifs sous gestion d’après Keefe, Bruyette & Woods, pourrait être cédée pour un prix estimé autour de 600 millions de dollars (450 millions d’euros). Un nouveau bouleversement en prévision quelques semaines après la vente de l’activité japonaise à Sumitomo Mitsui Banking pour un montant non dévoilé. La banque française, qui compte également un pôle de banque privée en Chine, ne souhaite pas commenter l’information.
Toutes les études pointent la croissance rapide de Singapour dans la banque privée. D’après PwC, la cité-Etat pourrait supplanter dès 2015 la Suisse en terme d’attractivité pour les plus fortunés. Cette perspective a attiré sur place de nombreux acteurs. Selon le vice-premier ministre, Tharman Shanmugaratnam, pas moins de 40 institutions financières proposent aujourd’hui des services de banque privée, avec le concours de quelque 9.000 collaborateurs.
La concurrence accrue sur le segment de base du marché (plutôt que sur la clientèle ultra high net worth), le recours des clients fortunés asiatiques - généralement des entrepreneurs de la première ou seconde génération - à plusieurs banquiers privés afin de maximiser les gains, ainsi que des coûts salariaux et immobiliers plus élevés qu’en Europe sont autant de facteurs allant dans le sens d’une consolidation du secteur. A cela s’ajoute un renforcement de la régulation, avec la possibilité depuis le 1er juillet dernier, de poursuivre pénalement, voire de priver de licence opérationnelle, toute banque suspectée de favoriser l’évasion fiscale ou d’avoir des contrôles inadéquats.
La mise sur le marché de l’activité singapourienne de Société Générale Private Banking pourrait intéresser des acteurs solidement implantés localement, tels que Standard Chartererd, DBS Group ou United Overseas Bank. Les dernières opérations de rapprochement remontent à l’an dernier, lorsque Bank of America a cédé ses activités de banque privée (hors Etats-Unis) à Julius Baer. Fin 2009, ING s’était pour sa part délesté de sa banque privée en Asie au profit d’Oversea-Chinese Banking, un établissement basé à Singapour.
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