L’assureur cherche à recentrer sa filiale de vente en ligne, qui a perdu 24 millions d’euros en 2012, et à réduire sa base de coûts
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Alexandre Garabedian
Internet n’est pas encore l’eldorado promis aux assureurs. Amaguiz, l’enseigne de distribution en ligne de Groupama, a installé sa marque auprès du grand public mais cherche toujours son modèle économique. Amaline Assurances, la structure juridique qui porte l’activité, a en effet dégagé l’an dernier une perte de 23,6 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 49 millions, selon le document de référence de l’assureur mutualiste.
L’année précédente, la société avait enregistré 28,7 millions d’euros de pertes, l’équivalent des trois quarts de ses revenus. Groupama a dû injecter 25 millions dans sa filiale l’an dernier, après une recapitalisation de près de 40 millions en 2011.
Même si Amaguiz, lancé mi-2008, a plus que quadruplé son chiffre d’affaires entre 2009 et 2012 et affiche 190.000 contrats en portefeuille à fin décembre, au-delà de ses objectifs, le développement commercial n’est pas à la hauteur des attentes, a reconnu le directeur général de Groupama, Thierry Martel, en février. La part de l’assurance directe par téléphone et internet plafonne toujours à 3% du marché français. Et Amaguiz, qui comme ses concurrents met en avant ses prix bas, souffre encore d’une structure de coûts disproportionnée par rapport à ses revenus. Il n’est pas le seul: IdMacif, la filiale de la Macif lancée elle aussi en 2008, a perdu entre 6 et 7 millions l’an dernier.
En 2012, le ratio de frais d’exploitation d’Amaguiz a atteint 54,5% des primes. Malgré une baisse de 21 points en un an, il reste très supérieur à celui des canaux de distribution matures de Groupama et à celui du groupe dans son ensemble (23,2%). Le ratio combiné, qui inclut le coût des sinistres, atteint pour sa part 151%. Le ratio de sinistralité brute a reculé de 20 points à 92,3% après qu’Amaguiz a pris des mesures de redressement; ce qui laisse penser que l’assureur avait souscrit un certain nombre de mauvais risques lors de son lancement.
Le groupe a cependant décidé en 2013 de faire un effort sur les coûts. Amaguiz, qui a enrôlé les acteurs Jean Rochefort puis Thierry Lhermitte pour sa campagne de communication, a commencé à lever le pied sur la publicité à la télévision pour privilégier la publicité en ligne. Mais Philippe Sorret, directeur général des filiales France de Groupama, a insisté lors du dernier comité de groupe de l’assureur en avril sur le fait qu’Amaguiz restait un élément essentiel de la stratégie.
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