Allianz France entend donner du sens à ses data au profit des clients
Pour Jacques Richier, le règlement général sur la protection des données (RGPD), qui entre en vigueur en mai, est «une très bonne chose». Certes, il coûte en soi 20 millions d’euros à l’assureur, essentiellement en informatique. Mais ce texte «ouvre un débat éthique» et «permet de se recentrer sur notre métier», déclare celui qui a annoncé un résultat opérationnel 2017 de 1,11 milliard d’euros (+2,8 %) pour 12,88 milliards de chiffre d’affaires (+4,6 % par rapport à 2016). Ainsi, le comité exécutif d’Allianz France accueille un directeur data, client et communication, Pascal Thébé ; une création de poste pour regrouper technologies de l’information (IT), anciennes unités digital et marketing, ainsi que ressources humaines, gouvernance et contrôle. Objectif : «Répondre au RGPD mais aussi à l’enjeu de la data», insiste Jacques Richier.
Pour le client, cela se traduit par une révolution tarifaire. «Nous voulons utiliser les data pour cerner le client et son potentiel, notamment de fidélisation, sans biais du canal de distribution ou de genre de l’individu, révèle Jacques Richier. Cela nous permettra un lancement à la souscription de contrats multirisque habitation en fin d’année et automobile en 2019.» Cette approche du comportement du client a aussi un impact croissant sur les tarifs au cours de la vie du contrat. Réduire la prime d’assurance auto jusqu'à 30% selon la conduite : c’est la promesse d’Allianz Conduite connectée, qui vient de lancer sa quatrième version, à près de 26.000 conducteurs. «Les clients attendent de plus en plus de personnalisation, une reconnaissance de leur individualité, mais qui préserve la mutualisation. Nous y travaillons. D’autant que Solvabilité 2 nous pousse à l’homogénéité.»
Dans ce contexte, au cœur du plan «Innovation et Confiance» d’Allianz France, la transformation de l’IT et du parcours client entraînent une autre façon d’aborder chaque activité en interne. Deux éco-systèmes ont ainsi été lancés : Ma Mobilité (en novembre 2017) et Ma Santé (février 2018) avant Ma Construction, Ma Vie quotidienne ou Mon Avenir. Actuaires, commerciaux pour les particuliers ou les entreprises, etc. : les professionnels de la mobilité, 120 personnes qui fonctionnaient en silos, sont maintenant sur un même étage. Objectif commun : donner des réponses instantanées au client qui veut bien mettre à disposition de l’assureur ses données, mais pour que cela lui soit utile.
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