Ageas fait une bonne affaire avec les activités non-vie britanniques de Groupama
L’exclusivité des négociations avait été accordée à l’assureur belge Ageas (ex-Fortis) pour quatre semaines. Deux auront suffi à trouver un terrain d’entente: Groupama va vendre sa filiale britannique d’assurance non-vie Groupama Insurance Company Limited (GICL) pour 116 millions de livres sterling (145 millions d’euros).
La transaction exclut les cabinets de courtage acquis outre-Manche par le mutualiste français. Parmi eux figurent quelques gros acteurs, comme Carole Nash Insurance (l’un des 30 premiers courtiers avec 60 millions de livres de primes encaissées et 240.000 assurés), Bollington Group, Lark et Insured Risks. Ce qui signifie que Groupama ne quitte pas tout à fait le marché britannique. «Dans le domaine de l’assurance, le Royaume-Uni est un pays de courtage. L’avantage de cette forme d’activité réside dans le fait qu’elle ne porte pas les risques sur son bilan. Groupama reste donc présent sur le marché sans en prendre les risques», explique Cyrille Chartier-Kastler.
Cela dit, le prix retiré par le mutualiste est relativement faible, puisque largement inférieur à la valeur comptable de GICL au 31 décembre 2011 (252 millions d’euros). Toutefois, «cette valeur tient compte de la reprise par le vendeur des engagements de pension à prestations définies et de l’indemnisation correspondante qui auront lieu préalablement au transfert», note Ageas dans son communiqué. En effet, GICL injectera 50 millions d’euros dans le fonds de pension, qui sera transféré au sein de Groupama.
La filiale génère 30 millions d’euros de bénéfices annuels. «La transaction devrait dégager un retour sur investissement supérieur à 12%. Ageas a plutôt bien acheté; il n’aurait pas payé ce prix dans des conditions normales de marché. Mais on assiste à de nombreuses ventes forcées par le contexte financier, tandis que les acheteurs actuels savent qu’ils sont peu nombreux», souligne François Boissin, analyste chez Exane.
Groupama, qui n’a pas été en mesure de répondre à nos sollicitations, n’a pas précisé s’il allait devoir procéder à une dépréciation de survaleurs (goodwill). «Le prix de cession étant inférieur aux fonds propres, Groupama devrait passer une perte comptable suite à la transaction, explique François Boissin. Cela dit, la vente devrait être globalement positive en termes de solvabilité puisque la cession des activités libérera des fonds propres réglementaires.»
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