Aegon se désengage du marché canadien
Aegon réduit la voilure en Amérique du Nord, un marché qui représente près de 70% de ses bénéfices sous-jacents avant impôt. L’assureur néerlandais a conclu la cession de la majorité de ses activités vie au Canada à l’assureur et réassureur bermudien Wilton Re, lui-même racheté cette année par l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada (CPPIB). L’activité d’assurance acquise inclut un portefeuille d’actifs de 10,6 milliards de dollars canadiens à fin septembre.
Le prix de cession s’élève à 600 millions de dollars canadiens (423 millions d’euros), soit un multiple de 23 fois les bénéfices nets sous-jacents sur douze mois glissants à fin juin 2014. La transaction devrait se traduire par une perte comptable d’environ 1,2 milliard de dollars (800 millions d’euros).
Aegon intervient dans l’assurance au Canada sous la bannière Transamerica Life Canada, laquelle rassemble également comme entités Canadian Premier Life, Legacy General Insurance Company, CRI Canada (assurance emprunteur) et Selient. L’assureur compte six bureaux à travers le pays et propose divers produits d’assurance vie (temporaire, permanente, maladies graves…), d’épargne et de retraite. Le groupe développe également des services de gestion pour une clientèle patrimoniale (Aegon Fund Management) et institutionnelle (Aegon Capital Management). Toutes ces activités sont concernées par l’opération présentée hier, a indiqué à L’Agefi Marcel van Beusekom, porte-parole d’Aegon.
«Nous passons continuellement en revue les performances de nos activités afin de nous assurer qu’elles soutiennent notre ambition de devenir un leader sur nos marchés privilégiés. Nous sommes arrivés à la conclusion que l’activité d’assurance vie au Canada n’allait pas dans ce sens», a commenté Alex Wynaendts, le PDG d’Aegon. L’exercice 2013 a été particulièrement éprouvant ; les bénéfices sous-jacents avant impôt ont chuté de 55% à 18 millions de dollars (14 millions d’euros).
Cette sortie du Canada va avoir plusieurs impacts sur le profil financier du groupe. La transaction va améliorer le rendement des fonds propres de 40 points de base (8,6% à fin juin), tout en réduisant les bénéfices nets sous-jacents de moins de 1%. Elle va par ailleurs contribuer à la diminution de l’endettement, avec le remboursement de 500 millions de dollars américains d’obligations seniors arrivant à échéance en décembre 2015.
Plus d'articles du même thème
-
Les télécoms tirent le M&A français vers de nouveaux sommets
Les opérations de fusion et acquisition impliquant la France atteint 165,8 milliards de dollars en 2026, porté notamment par le deal SFR. -
Le crédit résiste encore en zone euro
La croissance annuelle des prêts bancaires aux entreprises a très légèrement ralenti en août (+4,2% après +4,4% en juillet). Les chiffres restent inférieurs aux moyennes historiques, alors que les taux remontent assez fortement à court et moyen terme. -
ArcelorMittal renonce à redémarrer sa production en Ukraine
Le sidérurgiste luxembourgeois passera une dépréciation d’actifs d’un milliard de dollars sur son usine de Kryvyï Rih, touchée à plusieurs reprises par des frappes russes.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Vie communeSénatoriales : vers une cohabitation RN-UDR ?
Le RN espère enfin constituer un groupe au Sénat dimanche, grâce à l’appui de l’UDR d’Eric Ciotti. Reste à organiser la vie commune de deux formations dont le rapport de force pourrait être, pour la première fois, à l’équilibre -
Tribune libreOxfam contre le pacte Dutreil, un maximum de contresens
Si l’on se compare aux Pays-Bas, il nous manque 160 milliards d’euros par an à cause du sous-développement de la capitalisation retraite. C’est 8 fois plus que les droits de succession et 40 fois plus que le manque-à-gagner que représenterait le Pacte Dutreil, si tant est que le chiffrage d’Oxfam ait un sens économique -
Le groupe familial Arnault veut simplifier son contrôle sur LVMH
Plusieurs opérations de fusion-absorption des structures capitalistiques en amont du groupe de luxe vont être mises en œuvre d'ici à début 2027.