Adrien Couret | Macif
Adrien Couret, directeur général, Macif
Onze ans de maison et pas un cheveu blanc. Adrien Couret assure depuis le 27 mai la direction générale du groupe Macif. Le choix du conseil d’administration fut pour le moins inattendu – dans le secteur, la moyenne d’âge des salariés dépasse les 42 ans et les dirigeants sont tous poivre et sel. D’autant que la Macif n’est pas un petit acteur. Le groupe mutualiste né à Niort en 1960 compte 10.000 salariés et réalise un chiffre d’affaires annuel de près de 6,2 milliards d’euros.
« C’est la curiosité et le hasard des rencontres qui m’ont mené à ce poste », tente-t-il d’expliquer modestement. Adolescent, ce fils d’enseignants pensait embrasser une carrière professorale. « Mes parents m’ont inculqué certaines valeurs. Peu importe le métier, du moment qu’il est utile, qu’il sert l’intérêt général », poursuit-il. Bon élève, il intègre la classe préparatoire du lycée Saint-Louis à Paris, et entre à HEC. Le hasard voulut qu’au même moment, la Macif soutienne une chaire dédiée au « management alternatif » au sein de la prestigieuse école de commerce. Adrien intègre la promotion et découvre les mutuelles et un homme, Gérard Andreck, l’ancien président du groupe mutualiste, décédé en septembre 2018. « C’est l’une des figures qui m’ont marqué. Il plaçait l’homme avant le profit », se remémore-t-il.
Un coup de cœur apparemment partagé. Car en 2008, après avoir soutenu son mémoire devant lui, Adrien Couret est embauché comme chargé de projets au secrétariat général. En 50 ans d’existence, la mutuelle s’est beaucoup diversifiée (assurance automobile, puis habitation, prévoyance, assurance-vie) et les antennes régionales travaillent en autonomie. Le jeune homme se propose de construire une entité groupe. Il coordonne les consultations de plus de 1.000 employés, cadres, représentants syndicaux, délégués sociétaires afin d’élaborer une stratégie. « Nous entendons beaucoup parler aujourd’hui d’entreprise libérée, de démarche collaborative, mais les mutuelles et la Macif en particulier ont toujours fonctionné ainsi », explique-t-il.
Il est repéré par Jean-Marc Raby, le directeur général adjoint de l’époque, en charge du pilotage économique, qui le recrute dans son service. Sur la table, l’attend l’épineux dossier Macifilia. La structure spécialisée dans le risque d’entreprise accuse des pertes abyssales : 140 millions d’euros en 2011. Il faudra trois ans au groupe pour sortir de la crise. Entre-temps, Jean-Marc Raby est promu directeur général et entraîne Adrien Couret dans son ascension.
En 2015, le trentenaire déménage à Niort pour prendre le poste de directeur général délégué stratégie, transformation, performances et devient membre du comité exécutif. Un retour aux sources pour penser le futur du groupe. « J’y ai vu la Macif autrement. Il y a, à Niort, un attachement pour une entreprise qui fait vivre un bassin d’emplois », témoigne-t-il. Il y connaît aussi des moments heureux, tant personnels, avec la naissance de ses deux enfants, que professionnels, avec le pilotage de l’union de la Macif et d’Aésio.
En 2018, il devient responsable de la branche assurances de personnes. Puis revient à Paris début 2019 comme directeur général délégué. Une dernière étape avant de succéder à Jean-Marc Raby qui ne renouvellera pas son mandat. Fraîchement promu, Adrien Couret affiche une ambition. « Mon projet est de développer, de propager le modèle de la Macif : une efficacité économique au service de l’utilité sociale. »
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