ABN Amro solde les conflits avec Ageas
Quatre ans. C’est le temps qu’il a fallu à ABN Amro et Ageas (alors Fortis) pour régler le contentieux portant sur une série de titres. Le groupe néerlandais va payer 400 millions d’euros comptant à l’assureur belge, reliquat du bancassureur Fortis après son démantèlement en 2008.
Les titres incriminés étaient de deux catégories: des actions de préférence émises en 1999 par Fortis Capital Company (FCC, aujourd’hui ABN Amro Capital Finance), ainsi que des obligations à conversion obligatoire (mandatory convertible securities, ou MCS) en actions Fortis émises en 2007 par Fortis Bank Nederland. L’éclatement du groupe belge, les nationalisations d’ABN Amro et des activités néerlandaises de Fortis (dont FCC), puis leur fusion dans un nouvel ABN Amro ont provoqué une série d’imbroglios juridiques.
En effet, aucun accord n’était prévu sur le partage du coût de conversion de ces titres entre les entités impliquées, alors que, notamment, les porteurs de FCC avaient activé leur droit d’échanger leurs titres en action Ageas. Le groupe belge a payé 362,5 millions d’euros en 2009 dans le conflit relatif à FCC et converti les MCS fin 2010, avant qu’ABN Amro ne refuse de compenser la dilution.
Malgré le paiement de 400 millions d’euros, la fin de ce conflit est une bouffée d’air frais pour ABN Amro. En effet, les titres représentaient un passif de 2 milliards d’euros sur son bilan. Si son capital réglementaire tier one (T1) va s’en trouver réduit de 150 millions, l’opération permettra à la banque d’augmenter son ratio de fonds propres purs core tier one (CT1) de 1,6 milliard d’euros (2 milliards moins les 400 millions payés à Ageas), soit 130 points de base. En prenant comme référence la clôture des comptes trimestriels au 31 mars de 10,6%, le ratio CT1 représente donc désormais 11,9% des actifs pondérés d’ABN Amro. Le tier one passe lui de 12,9% à 12,8%.
En revanche, l’opération est perçue différemment vis-à-vis d’Ageas. Certes, la somme alimentera directement son bénéfice net au deuxième trimestre et «la bonne nouvelle est que les plaintes respectives sont désormais enterrées», écrit Dirk Peeters, analyste chez KBC Securities. Mais «la mauvaise est qu’après avoir payé 362,5 millions d’euros et émis l’équivalent de 200 millions d’euros d’actions Ageas, un accord à 400 millions comptant passe difficilement pour une opération génératrice de valeur».
Plus d'articles du même thème
-
Les banques européennes partent à la reconquête des frais captés par BlackRock et Vanguard
Les grandes banques et plateformes d’investissement européennes lancent leurs propres ETF maison, avec l’ambition de contester la domination de gestionnaires d’actifs comme BlackRock et Vanguard, écrit le Financial Times. Ces lancements sont perçus comme une tentative, de la part de banques qui comptent bien plus de 100 millions de clients particuliers, de capter une plus grande part des commissions générées par les placements de leur clientèle, plutôt que de les abandonner à des sociétés de gestion tierces. UniCredit, Commerzbank, Santander et ING ont tous lancé des ETF ou déposé des dossiers auprès des régulateurs en vue d’en créer depuis le début de l’année. La fintech Revolut a également enregistré une plateforme de fonds, destinée aussi bien aux ETF qu’aux fonds traditionnels. -
L'Eiopa chiffre l'allègement du fardeau de reporting des assureurs
Le superviseur européen évalue à 22 % la baisse possible du nombre de points de données remis par les assureurs au titre de Solvabilité 2 et reporte ses prochains tests de résistance.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Choose Argentina« Argentina Week » : ce que Javier Milei vient chercher à Paris cette semaine
Le président libertarien d’Argentine entame mardi une semaine de déplacement à Paris, où il tentera d'attirer des capitaux européens vers ses secteurs compétitifs, sur fond de croissance en berne -
TournantLa Caisse des dépôts n’achètera (presque) plus la dette de TotalEnergies
A partir de janvier 2027, l’institution qui gère le livret A n’achètera plus d’obligations des entreprises productrices de pétrole (sauf émission verte) et plafonnera son exposition actuelle à 2,2 milliards d’euros. Elle reste un grand actionnaire de TotalEnergies. -
La TotalCarburants : le cadeau d’Eni à l’Italie et à Meloni met la distribution sous pression
Le plafonnement de l’essence et du diesel par le géant italien, rapidement suivi par IP, est une bonne nouvelle pour le gouvernement et les consommateurs, mais également un choix intéressé qui fragilise l’ensemble du réseau des stations-service