Aberdeen AM poursuit sa décollecte à un rythme élevé
La société de gestion britannique affiche une hausse de ses encours en trompe-l’œil, grâce à l’acquisition de Swip, l’ex-filiale de Scottish Widows
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Antoine Landrot
Seule la croissance externe a permis à Aberdeen Asset Management de compenser la fuite des capitaux. Le gestionnaire d’actifs a conclu l’année en enregistrant une décollecte nette de 20,4 milliards de livres sterling (25,7 milliards d’euros) au cours de son exercice fiscal 2013-2014, clos le 30 septembre dernier. La tendance s’est aggravée d’une année sur l’autre: le montant des sorties représente un surplus de 2,5 milliards de livres par rapport à l’exercice précédent.
«Nous n’avons pas été épargnés par le désintérêt des investisseurs pour les marchés émergents et par l’aversion au risque conséquente à l’égard de cette classe d’actifs. Ce phénomène se reflète dans l’inversion de certaines fortes collectes que nous avions connues en provenance des marchés émergents les années précédentes», explique Aberdeen AM dans son communiqué. Les sorties ont exclusivement affecté ses fonds actions.
Aberdeen AM stricto sensu a subi des retraits nets de 16 milliards de livres. C’est une nette aggravation par rapport à l’exercice précédent: la décollecte s’était limitée à 2,5 milliards, suite au début de retrait des investisseurs internationaux lorsque la Fed avait évoqué la diminution de son programme de rachats d’actifs. Mais en 2013-2014, le gestionnaire a notamment perdu un mandat de 4 milliards de livres, comme il l’avait expliqué à l’occasion de la publication de ses résultats du troisième trimestre (clos le 30 juin). Scottish Widows Investment Partnership (SWIP), dont l’acquisition a été bouclée fin mars, a enregistré pour sa part 4,4 milliards de livres de sorties. L’acquisition a donc creusé le momentum négatif d’Aberdeen AM, alors que la diversification de ses expositions (en l’occurrence la réduction de sa dépendance à l’égard des émergents), était l’un des arguments de l’acquisition de Swip.
L’opération a d’ailleurs pesé sur les comptes du groupe: après prise en compte des coûts d’acquisition et de l’amortissement, son bénéfice avant impôt a reculé de 9% à 354,6 millions de livres.
La société a en revanche enregistré des performances plus encourageantes dans les classes d’actifs de dette émergente et l’immobilier, qui ont chacune enregistré une collecte nette supérieure au milliard de livres au cours de l’exercice.
L’intégration de Swip a néanmoins eu un effet favorable. Les encours sous gestion ont mécaniquement fortement progressé (+62% à 324,4 milliards de livres au 30 septembre).
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