La vidéo du jour : Le temps des méga-fusions bancaires n’est pas venu
Depuis quelques semaines, une petite musique insistante se fait entendre dans le secteur bancaire européen : le climat serait propice à un retour des fusions d’envergure. Les régulateurs ne cessent de plaider pour une consolidation des banques. Après avoir prêté des projets de mariage à Barclays et Standard Chartered, la rumeur, relayée par le Financial Times, évoque désormais un intérêt supposé d’UniCredit pour la Société Générale. En 2007, cette même rumeur avait permis à l’action Société Générale de toucher un sommet boursier.
Il est facile d’observer tout ce qui rapproche, sur le papier, la banque française et sa concurrente italienne. Les deux groupes ont longtemps détenu des participations croisées à leur capital et sont restés proches. Jean-Pierre Mustier, le patron d’UniCredit, reviendrait par la grande porte à la Société Générale, qu’il avait dû quitter après l’affaire Kerviel. La banque française est de surcroît présidée par un Italien, Lorenzo Bini Smaghi. Enfin, les deux groupes sont complémentaires en termes d’activité et de géographies : leur union créerait une vraie alternative à BNP Paribas en zone euro, avec une présence forte en Europe centrale.
Mais il est tout aussi facile de voir ce qui rend douteux l’intérêt d’un tel mariage. UniCredit et la Société Générale sont deux institutions d’importance systémique mondiale. Un rapprochement les obligerait aussitôt à immobiliser des milliards d’euros de capital supplémentaire au titre des exigences réglementaires. Il pourrait aussi s’apparenter à une fuite en avant : UniCredit est loin d’avoir achevé son redressement, tandis que la Société Générale subit depuis un an la désaffection des investisseurs. Les mêmes constats s’appliquent à Barclays et StanChart. Gérer une fusion de cette envergure détournerait enfin les managements du vrai sujet : l’adaptation des modèles bancaires à la mutation numérique. C’est précisément pour cette raison que Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas, a déclaré récemment qu’il excluait toute acquisition de taille.
Plus d'articles du même thème
-
Diana Hazvartian (CDC) : "Les taux de défaut sur la dette privée sont historiquement bas en Europe"
Selon la responsable des investissements en dette privée de la Caisse des dépôts, il ne faut pas faire d'amalgame entre les Etats-Unis et l'Europe en matière de dette privée. Néanmoins, il convient de rester vigilant sur cette classe d'actifs dont le marché est en plein essor. -
PARTENARIAT« La volonté de souveraineté des Etats estompe les avantages compétitifs des multinationales »
Interview de Jacques-André Nadal, Directeur général délégué en charge des gestions de Covéa Finance. -
PARTENARIATQuelles perspectives pour un marché de l’épargne en pleine transformation ?
Julien Ducoup, Partner, Responsable du secteur de l’assurance et Nicolas Boulay, Partner, Assurance, au sein de Square Management, évoquent dans cette interview vidéo les thèmes qui seront débattus lors de cet évènement, le jeudi 18 juin prochain, à partir de 17h30 au Shangri-La. -
PARTENARIATRéinventer la contactabilité à l’ère des interactions
L'enjeu n'est plus d'augmenter le volume des interactions, mais d'en améliorer la pertinence et l'efficacité. C'est précisément ce que permet Spacivox. -
Léovic Lecluze (Groupe Matmut) : « On est encore rémunérés pour le risque mais plus pour la prime d'illiquidité »
L’investissement dans la dette privée fait toujours sens, selon la conviction du directeur des investissements du groupe Matmut, mais il convient d’être prudent sur le type de risque pris. -
PARTENARIAT« Coface un dispositif de Back Up Servicing robuste au service de la sécurisation des opérations de titrisation »
Interview vidéo avec Rachid Aoulad Hadj, Directeur des ventes sur les solutions de recouvrement pour l’Europe de l’Ouest, Coface.
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
Contenu de nos partenaires
-
LE CONSEIL DE LA SEMAINEHéritiers, faites un don sur succession ! – le conseil de Pauline Soulas
A réaliser en pleine propriété dans les 12 mois suivant le décès, le don sur succession permet de transformer une part d’héritage en soutien philanthropique -
Jouer avec le feuEntre les Etats-Unis et l’Iran, le jeu dangereux de la confrontation sans escalade
Pour chacune des deux parties, l'objectif est de ne pas perdre la face. Et de garder intacts les leviers de négociation toujours en cours -
BagarreLes Vingt-Sept se jettent dans la mêlée budgétaire
Les gouvernements s’apprêtent à ouvrir les négociations pour l’exercice 2028-2034. Le chiffre de départ : près de 2 000 milliards d’euros