La diversité d’origine doit être intégrée par les conseils

le 10/12/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Club XXIe siècle milite pour une meilleure représentation des Français d’origine étrangère, avec la publication d’un baromètre et des actions concrètes

La diversité d’origine doit être intégrée par les conseils
(Crédit Fotolia.)

La diversité ne se limite pas au genre et à la nationalité. Si la diversité des conseils du SBF 120 est exemplaire, avec 43,6% de femmes et 30% d’extra-nationaux selon le baromètre IFA-Ethics & Boards, d’importantes marges de progression subsistent en matière de diversité culturelle et d’origine.

La diversité d’origine – les Français d’origine non métropolitaine – ne pèse que 4% des conseils du SBF 120, selon le Club XXIe siècle, think et do tank sur la diversité. «Ce niveau tombe même sous les 1% en ne tenant compte que des Français d’origine non européenne», confient Redouan Znagui, Tong Chhor et Sofia Benammar, membres du Club XXIème siècle. Plus des deux tiers des entreprises n’ont aucun représentant français d’origine étrangère à leur conseil, même si certaines sont de très bons élèves.

Face à cette sous-représentation, le Club XXIe siècle veut faire évoluer les pratiques en se dotant de trois outils. D’une part, en lançant un baromètre pour mesurer la progression de la diversité dans les conseils du SBF 120, et en mettant en avant les entreprises les plus méritantes. La première version avait été présentée à Bercy lors d’une table ronde en décembre 2017, la deuxième édition devrait être dévoilée en mai 2019. Dans ce cadre, le think tank veut mettre en œuvre des actions concrètes. «Nous travaillons actuellement avec des universitaires de Paris II, de Lille II et de l’Essec sur des modèles de détermination de la diversité, et sur l’impact ou non de cette diversité des équipes dirigeantes sur la performance de l’entreprise», ajoute Redouan Znagui. La diversité ne se limite pas au genre, elle concerne aussi l’origine, la formation et le parcours professionnel.

D’autre part, le Club mène des actions de sensibilisation, d’échange et de communication sur les meilleures pratiques étrangères, auprès des entreprises françaises et des pouvoirs publics «Avec eux, nous étudions les actions concrètes qui pourraient être mises en place par des entreprises volontaires», poursuit Redouan Znagui.

Enfin, le Club XXIe siècle s’attelle à la constitution d’un annuaire d’administrateurs indépendants issus de la diversité. Un vivier potentiel sur lequel devraient se pencher les comités de nomination du SBF 120, mais aussi les chasseurs de tête.

La prochaine étape pourrait être la création d’une charte de diversité de la gouvernance ou encore, en lien avec le Medef, une prise en compte de la diversité d’origine dans le code Afep-Medef.

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