Paylib vise 25 millions d’inscrits d’ici fin 2021
Paylib monte en puissance. Hier, la solution de paiement mobile a annoncé que trois nouvelles banques - le Crédit Mutuel, le CIC et la Bred - proposeront sa fonctionnalité «Paylib entre amis». «Ces trois acteurs représentent les 20% du marché qui nous manquaient», confie à L’Agefi Vincent Duval, directeur général de Paylib.
Lancée en 2013, la fintech a réussi à convaincre toutes les grandes banques françaises d’utiliser sa solution. Seule HSBC France, occupée par un projet de cession, ne fait pas partie du lot. De son côté, le groupe BPCE a décidé d’arrêter en juin dernier le paiement sans contact via Paylib, conservant néanmoins le paiement entre amis.
Comme la plupart des applications de paiement mobile, Paylib a tiré profit de la crise sanitaire. Après les phases de confinement, l’usage moyen s’établit à 8 transactions par mois par actif (6,5 pour le paiement en magasin et 1,5 pour l’envoi d’argent entre personnes), ce qui représente la moitié de l’usage d’une carte bancaire.
Au début de l’année 2020, Paylib revendiquait un chiffre de 5 transactions par mois. Depuis la crise, le nombre d’inscrits a été multiplié par 3 et l’usage par chacun s’est intensifié de 30%. «Nous avons 15 millions d’inscrits et nous avons l’ambition d’arriver à 20 ou 25 millions d’ici à la fin de l’année 2021», explique le patron de la fintech.
Le paiement en magasin a été «boosté» par la crise sanitaire. «L’augmentation du plafond de paiement sans contact des cartes de 30 à 50 euros n’a pas entravé l’usage du paiement mobile», explique son patron. Paylib en magasin n’est disponible que sur Android «car Apple verrouille l’antenne NFC pour sa propre application Apple Pay», indique son patron.
Une proposition de loi de régulation récemment déposée
«Lorsqu’on pourra accéder à l’antenne NFC de l’iPhone, nous doublerons mécaniquement l’usage et le nombre d’utilisateurs de Paylib en magasin», espère Vincent Duval. Pour cela, il mise notamment sur une proposition de loi déposée mi-novembre par le député LREM Pierre-Alain Raphan, visant à réguler le paiement mobile sans contact. «Ce projet de loi va permettre le développement des alternatives européennes aux Gafa, c’est une bonne initiative qui est très pragmatique», ajoute-t-il.
La croissance de son activité e-commerce s’est poursuivie avec le Covid «mais sans y constater la même accélération que pour Paylib en magasin ou ‘Paylib entre amis’», explique le patron de la fintech qui revendique 4.000 clients e-commerçants. «L’ouverture exceptionnelle de Paylib entre amis aux commerçants pour le ‘click and collect’ aide le commerce de proximité à soutenir son activité avec cette forme de digitalisation», ajoute-t-il.
D’après unsondage d’App Annie, fournisseur mondial de données et d’analyses mobiles, Paypal a été l’application de finance la plus téléchargée au cours du mois d’août en France, suivie par Tricount. Lydia arrive en 5e position et Paylib en 9e position.
Par ailleurs, si certains de ses concurrents, dont Paypal, misent sur les cryptomonnaies, Paylib préfère rester discret à ce sujet. «Si demain il y a un euro digital, on pourra utiliser la même interface client mais ce n’est pas une nécessité pour offrir nos services qui sont déjà sécurisés et en instantané», explique Vincent Duval. «À ce titre la blockchain est une technologie que nous n’écartons pas, mais qui ne nous est pas indispensable pour offrir aux personnes les services de paiement et d’échange d’argent correspondant à leurs besoins».
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