Iliad se lance dans les paiements
Orange Bank aura peut-être bientôt un concurrent de taille. Le 24 octobre, la filiale Iliad 78 de l’opérateur télécoms Iliad (Free) a obtenu auprès de l’ACPRle droit de déployer des services d’agrégation de compte et d’initiation de paiement dans le cadre de la DSP2. Un mois plus tôt, la filiale avait obtenu un code Swift, soit un numéro d’identification internationale d’une banque, selon mindFintech. Le siège social de ce nouvel établissement de paiement est situé au siège d’Iliad. Contacté par L’Agefi, Iliad n’a pas souhaité faire de commentaire sur ses projets en cours dans les paiements. Ces informations alimentent la spéculation sur le lancement d’une néobanque par Free, un projet dans les tuyaux depuis près de vingt ans.
En 2000, Free avait déposé la marque Freebank auprès de l’Institut national de la propriété intellectuelle (INPI), renouvelant la marque en 2010 pour une durée illimitée, rapporte Freenews. L’obtention d’un code Swift par Iliad implique-t-il le lancement prochain de Freebank ? Pas forcément pour Julien Maldonato, associé conseil, industrie financière chez Deloitte : «Un projet de néobanque reste un peu trompeur. A court terme, je ne vois pas un autre intérêt, pour Free, que le dépôt et le paiement.»
La carte bancaire se virtualisant déjà dans les mains des grands groupes de technologie, «si Free ne veut pas perdre la relation client, cela fait sens d’intégrer des services financiers dans le mobile. La donnée de paiement est le nouvel or noir des acteurs B to C» poursuit cet expert. De Uber qui a présenté la semaine dernière «Uber Money» au salon Money 2020, à Apple qui a lancé Apple Pay l'été dernier, en passant par le projet de cryptomonnaie libra de Facebook, la donnée de paiement est vue comme une opportunité par ces acteurs car «elle permet de tracer l’individu pour mieux le servir».
Concurrence directe avec Orange Bank
Si Freebank venait à voir le jour, la néobanque serait en concurrence directe avec Orange Bank, la néobanque de l’opérateur télécoms du même nom, lancée à l’automne 2017. «Si j’osais le mot, je dirais que nous voulons être le ‘Free’ de la banque» avait ironisé Stéphane Richard, le patron d’Orange avant son lancement. Orange Bank comptabilise désormais 344.000 clients selon les résultats financiers d’Orange communiqués la semaine dernière. La banque espérait séduire 400.000 clients dès sa première année de lancement. Un succès mitigé donc.
Avant de se lancer dans l’aventure d’une néobanque, Free devrait prendre des précautions pour Stéphane Dehaies, associé banque et fintech chez KPMG. D’une part, «il faudra que l’opérateur adopte une stratégie différente d’Orange Bank et des autres acteurs, afin d’adresser un marché déjà très compétitif avec une proposition de valeur originale pour leurs clients et une offre innovante qui combinerait téléphonie, paiements et des services complémentaires». D’autre part, au même titre que les néobanques comme N26 et Revolut qui se lancent à l’international, «Free doit réfléchir à son internationalisation, notamment sur les marchés à fort potentiel et sur les services innovants qu’elle pourrait lancer en particulier autour des paiements».
Iliad reste fortement intéressé par les paiements, de par son implication dans l’association Libra, qui espère lancer une cryptomonnaie en 2020.
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