Les Français aiment la dimension citoyenne de la finance participative
Près de quatre ans après son entrée officielle dans le paysage financier français grâce à une réglementation sur mesure, la finance participative a bien relevé le défi de la notoriété. Un sondage commandé par l’association Financement Participatif France, le Crédit Municipal de Paris et La Banque Postale, et réalisé par GMV Conseil montre que 70% des Français en ont entendu parler et 36% connaissent le terme anglais crowdfunding. Toutefois, seuls 11% déclarent savoir de quoi il s’agit et 27% sont en mesure de citer une plate-forme ou un terme lié à cette activité. Un certain flou persiste donc.
Le grand public connaît bien certains usages comme le don ou la précommande de produit pour financer sa fabrication, mais un peu moins le prêt à une entreprise ou la possibilité d’en devenir actionnaire. Au moins, les Français ont bien compris les particularités de la finance participative et la considèrent à 85% comme un financement innovant, un moyen de découvrir des projets (80%), une finance accessible à tous (70%) et transparente (60%). Ils y voient aussi un moyen de soutenir des projets locaux, de choisir les causes qui leur tiennent à cœur, de savoir où va leur argent, malgré quelques freins comme la peur d’une perte, le manque d’épargne ou d’incitation fiscale, voire l’insuffisance de confiance. La communication des plates-formes a donc plutôt bien fonctionné, y compris sur les risques liés.
Résultat : 16% des Français ont déjà mis de l’argent sur l’une d’elles. Un chiffre encore modeste mais intéressant, d’autant plus que parmi eux, 82% ont choisi de faire un don. Le prêt a séduit seulement 15% des sondés et l’investissement en capital ou en royalties 12%. L’aspect marchand du financement participatif a du mal à s’imposer en dehors d’un petit segment de population. Et si 38% des personnes interrogées ont l’intention de financer un projet dans les 12 mois, 54% optent pour une association et 42% un particulier, seulement 29% envisageant le financement d’une entreprise. La dimension citoyenne reste la première motivation pour s’engager dans le crowdfunding, puisque 43% souhaitent financer un projet humanitaire ou solidaire, 35% un projet lié à la santé ou à la recherche scientifique, 32% un projet environnemental. L’intérêt économique ou financier de l’outil reste à renforcer (lire aussi l’enquête dans L’Agefi Hebdo du 17 mai).
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