Après plus de 14 heures de discussions, les représentants du Parlement européen (PE) et du Conseil sont parvenus, au milieu de la nuit de mardi à mercredi, à un accord sur la loi climat européenne. L’UE s’engage par ce texte, qui doit encore être validé par les Etats membres et les eurodéputés, à réduire ses émissions nettes de gaz à effet de serre « d’au moins 55 % » d’ici à 2030, par rapport aux niveaux de 1990. L’objectif était jusqu’ici fixé à – 40 %. L’UE pourra ainsi se prévaloir de ses nouvelles ambitions lors du sommet international sur le climat organisé par le Président américain, Joe Biden, qui se tiendra jeudi 22 et vendredi 23 avril, lors duquel Washington doit dévoiler son propre objectif révisé pour 2030.
Les représentants des deux institutions ont éprouvé de grandes difficultés pour trouver un terrain d’entente alors que le PE poussait pour une réduction «brute» (sans prise en compte des absorptions du dioxyde de carbone par les « puits de carbone» que constituent par exemple les forêts et les océans) de 60%. C’est au final la position des Etats membres, inflexibles, qui a primé. Le Conseil a néanmoins fait une concession aux eurodéputés en acceptant de plafonner la contribution des absorptions de carbone provenant de l’utilisation des terres, de l’agriculture et de la sylviculture.
Cet objectif intermédiaire doit mettre l’Europe sur la voie de la neutralité climatique d’ici à 2050. Sans surprise, les 27 ont par ailleurs refusé de faire de l’objectif climatique 2050 une obligation légale pour chaque pays individuellement. La neutralité carbone reste donc bien un objectif qui s’applique à l’UE en tant que groupe, ce qui devrait autoriser certains Etats à l’atteindre plus tard. Au-delà de 2050, le texte négocié engage l’UE à s’efforcer d’atteindre des émissions négatives.
Les négociateurs ont par ailleurs acté la création d’un Conseil scientifique européen sur le climat. Ce nouvel organe consultatif scientifique indépendant sera chargé de conseiller les décideurs politiques sur l’alignement des politiques de l’UE avec l’objectif de neutralité climatique du bloc.
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