Crédit Agricole Assurances crée une nouvelle coentreprise dans l’éolien
Après ADP, Vinci Park ou TDF, Crédit Agricole Assurances poursuit ses emplettes dans les infrastructures. Le groupe a annoncé hier sa deuxième coentreprise dans l’éolien, après celle formée l’an dernier avec GDF Suez (devenu Engie). Son véhicule Predica Energies Durables, géré par Omnes Capital (ex-Crédit Agricole Private Equity), s’est allié au producteur d’énergie «verte» Quadran. Le premier détient 49% de leur joint-venture baptisée Quadrica, le second 51%.
«Quadrica a racheté la majeure partie du parc éolien détenu à 100% par Quadran (qui a aussi d’autres partenaires, ndlr)», précise Serge Savasta, associé gérant chez Omnes Capital en charge des énergies renouvelables. La coentreprise regroupe déjà huit parcs éoliens français d’une capacité de 76 MW et vise au total 200 MW par l’acquisition de nouvelles exploitations, actuellement au stade de projet chez Quadran. «L’investissement de Crédit Agricole Assurances repose sur des marges d’Ebitda sécurisées par des coûts d’exploitation maîtrisés et par une bonne vision prospective de la production d’électricité éolienne avec des tarifs connus pour quinze ans», explique le gérant.
Avec ce montage, Crédit Agricole Assurances évite les risques liés à la construction de nouvelles centrales et sécurise un rendement récurrent. Les fonds d’infrastructures ont généralement une performance comprise entre 8% et 10%, bien supérieure à celle des obligations au cœur de l’allocation des assureurs vie. «Predica Energies Durables vise à terme 300 millions d’euros investis et une capacité de 1000 MW, dont 500 déjà apportés par les coentreprises avec Engie (440 MW exploités en 2014, ndlr) et Quadran», poursuit Serge Savasta.
Ce dernier connaît bien Quadran, né de la fusion entre JMB Energie et Aérowatt, premier investissement de son équipe du temps de Crédit Agricole PE. A l’époque, la division énergies renouvelables privilégiait l’investissement en fonds propres dans de jeunes pousses du secteur tout en accompagnant le financement de leurs projets d’infrastructures. Aujourd’hui, elle favorise plutôt cette deuxième approche.
Détenu par le fondateur de JMB Energie, Quadran devrait bientôt ouvrir son capital à un investisseur institutionnel, a priori un fonds de capital-investissement français selon une source proche de la société. Le producteur d’énergie ne cachait pas ces derniers mois sa volonté de lever 50 millions d’euros, après avoir obtenu 30 millions auprès de Tikehau sous forme d’obligations convertibles.
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