Selon S&P, 2023 est restée une année difficile pour les gérants actifs européens
Dans des marchés très efficients, il est plus difficile pour les gérants actifs de battre les indices et l’année 2023 n’a pas fait exception à la règle. C’est en tout cas la conclusion à laquelle arrive une nouvelle fois l’étude Spiva de S&P, dont l’édition européenne fête cette année ses dix ans. Cette dernière compare la performance – nette de frais – des fonds européens gérés activement à l’indice S&P associé à leur catégorie – qui n’est pas leur indice de référence. Ainsi, l’an dernier, 83 % des fonds d’actions européennes (libellées en euros) ont sous-performé le S&P Europe 350. Une part qui monte à 84 % pour les actions mondiales, à 90 % pour les actions françaises et à 98 % pour les actions italiennes. Des sous-performances généralisées dans plus de 90 % des cas si l’on prend en compte la décennie entière. Quant aux très recherchées actions américaines, les gérants actifs ne font guère mieux, puisque 71 % d’entre eux sous-performe le S&P 500.
Une des explications avancées par l’étude est la concentration croissante des indices autour de leurs plus grandes capitalisations, qui sont également celles qui enregistrent les plus fortes performances ces dernières années. Or les gérants actifs chercheraient davantage à se positionner sur des valeurs alternatives à ces « blue chips », ce qui pèserait sur la performance globale de leur fonds. Un raisonnement qui fonctionne aussi dans l’autre sens puisque S&P note que, dans le cas du marché britannique, ce sont les petites capitalisations qui ont surperformé les grandes l’an dernier, permettant aux gérants actifs de ne sous-performer l’indice que dans 58 % des cas. Dans la sous-catégorie des fonds dédiés aux grandes et moyennes valeurs britanniques, la gestion active parvient même à atteindre une surperformance dans 62 % des cas ! La seule autre catégorie où elle tire son épingle du jeu est celle des actions suisses libellées en francs suisses (51 % de fonds surperformants).
A lire aussi : Indices Spiva : la gestion active reste à la traîne en 2022
L’étude, qui s’intéresse aussi pour la deuxième année consécutive aux marchés obligataires (suite au rachat d’IHS Markit par S&P en 2022), dessine en revanche pour cette classe d’actifs, un panorama plus nuancé. Sur le segment des obligations d’entreprises libellées en euros, seuls 53 % des gérants sous-performent l’indice iBoxx EUR Corporates, mais cette part grimpe à 67 % pour le high yield et à 82 % pour la dette souveraine. Sur 10 ans, la sous-performance est plus nette encore, avec respectivement 82, 91 et 76 % des gérants actifs dépassés. Autant de chiffres que ne manqueront pas de reprendre à leur compte les défenseurs de la gestion passive… et qu’essaieront de faire mentir les partisans de la gestion discrétionnaire !
Plus d'articles du même thème
-
EXCLUSIFBNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
Le gestionnaire s’est associé à la BFI du groupe pour construire des stratégies historiquement dédiées à des investisseurs professionnels. -
J.P. Morgan AM poursuit sa lancée sur les ETF actifs en Europe
Le premier fournisseur d'ETF UCITS actifs du continent lance simultanément deux nouveaux fonds, l'un à forte conviction sur les actions mondiales, l'autre sur les marchés hors États-Unis. -
Les ETF ont collecté plus de 1.000 milliards depuis le début de l’année
D’après les données du fournisseur ETFGI, les fonds indiciels cotés détiennent 23.080 milliards de dollars à fin mai 2026.
A la Une
M&G lance un ETF actif sur les CLO européens
Contenu de nos partenaires
-
EditorialCanicule et choix brûlants
L'adaptation au changement climatique nous place devant un mur d'investissements. Un de plus, après la défense, l’électrification, la protection sociale... Après cinquante ans d’endettement, la France est entrée démunie dans une époque où les crises se succèdent et appellent des efforts financiers colossaux -
Gueule de boisPour les géants du CAC 40, la parenthèse euphorique post-Covid s’est refermée
La phase d'exubérance post-pandémie qui avait soutenu l’activité et les profits des grands groupes est bel et bien terminée, révèle le dernier baromètre EY sur le profil financier du CAC 40 -
QuirinalFrance-Italie : la « discipline de l’amitié » commence-t-elle à fonctionner ?
Entre les deux dirigeants, le coup de foudre n’a jamais vraiment eu lieu, entre tensions personnelles et politiques, petites phrases et irritations réciproques