Pour conserver le label ISR, Amundi mise sur les ETF actifs
S’adapter aux changements réglementaires en matière d’ESG est complexe quand on est un gérant d’ETF : il faut parvenir à convaincre les fournisseurs des indices répliqués d’amender lesdits indices. Et lorsque le changement ne concerne qu’un seul pays, les marges de négociation sont faibles ! Telle est la réalité à laquelle sont confrontés, depuis plus d’un an, les émetteurs d’ETF labellisés ISR (investissement socialement responsable). Amundi a décidé de contourner le problème en lançant, ce jour, une gamme d’ETF disposant du label d’Etat français, mais gérés de manière active, c’est-à-dire sans répliquer passivement un indice conçu par un tiers.
Neuf ETF de droit français vont donc être lancés ce 3 décembre par le premier gestionnaire européen : six sur des sous-jacents actions (Europe, Monde, Etats-Unis et Japon, les deux derniers disposant d’une version où le risque de change est couvert) et trois sur des sous-jacents obligataires (crédit en euros, crédit en dollars, y compris une version couverte). Bien que gérés activement pour satisfaire les exigences renforcées du label ISR (exclusion des énergies fossiles, relèvement du niveau de sélectivité…), ces ETF auront tout de même vocation à rester proches de leur benchmark de référence. Leurs frais de gestion sont compris entre 0,20% et 0,27%.
Ce sont les tout premiers ETF actifs lancés par Amundi, qui restait jusqu’ici assez réservé vis-à-vis de cette innovation venue des Etats-Unis et qui séduit un nombre sans cesse croissant d’asset managers européens (Axa IM, Robeco…). Produits conçus par un gérant français pour le marché français, ces ETF vont, assez logiquement, être cotés sur Euronext Paris. Ils permettent ainsi à la Bourse nationale – qui n’a l’autorisation de coter des ETF actifs que depuis mars dernier – de quasiment doubler le nombre de véhicules de ce type sur sa plateforme. Depuis que le verrou réglementaire a sauté, seuls Axa IM et BNP Paribas Asset Management se sont positionnés.
BNPP AM poursuit d’ailleurs une voie similaire à celle d’Amundi : après avoir lancé, plus tôt dans l’année, une gamme d’ETF actifs où seule la dimension extra-financière fait l’objet d’une déviation par rapport au benchmark, le gérant a obtenu la semaine dernière le label ISR pour la partie obligataire de cette gamme. Une manière, là aussi, de répondre aux attentes des distributeurs, qui commencent à s’ouvrir aux ETF mais ne sont pour autant pas prêts à abandonner le sésame du label ISR.
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