L’appétit pour les ETF sur les actions américaines se tasse
La séquence ouverte mi-septembre par la baisse des taux de la Fed et marquée par d’importants flux vers les Etats-Unis, commence-t-elle à s’épuiser ? Sur le marché européen des ETF, un essoufflement de la collecte des véhicules exposés aux actions américaines s’est fait ressentir la semaine dernière, sur fond de reprise de la guerre tarifaire entre les Etats-Unis et la Chine : selon les données de Trackinsight, ces derniers n’ont attiré que 670 millions d’euros. Depuis le pic de 3,3 milliards la semaine qui avait suivi la décision de la Fed, les souscriptions n’ont cessé de décroître. Sur le mois d’octobre, elles restent toutefois en tête parmi les grandes zones géographiques, avec 4,8 milliards d’euros.
En effet, ce mouvement ne profite pas véritablement aux autres grandes expositions. Ainsi, les ETF ciblant les actions européennes (zone euro et Europe élargie confondues) ne captent que 360 millions d’euros sur la semaine, et 1,4 milliard depuis le début du mois. Les actions émergentes plafonnent à 70 millions hebdomadaires et 800 millions mensuels. Seules les actions les plus diversifiées géographiquement (indices mondiaux ou de pays développés) se maintiennent, avec 1,3 milliard d’euros de flux sur la semaine, portant à 4,2 milliards la collecte sur octobre.
Ce sont davantage les ETF obligataires qui tirent leur épingle du jeu, avec 2,3 milliards d’euros de flux sur la semaine, à quelques encablures des 3,2 milliards des ETF actions. La dynamique est plus particulièrement favorable aux sous-jacents les moins risqués : les ETF de dette souveraine engrangent ainsi 1 milliard d’euros hebdomadaires. Les maturités plus longues ont été appréciées, à l’image de l’Invesco US Treasury Bond 7-10 Year UCITS ETF Dist – USD (ISIN : IE00BF2FN646) qui collecte près de 470 millions. Deux véhicules ciblant les dettes de plus de 15 ans se sont même glissés dans le classement des 50 ETF les plus demandés sur la semaine : l’Invesco UK Gilt 15+ Year UCITS ETF – GBP (ISIN : IE000AES5KQ5) et l’iShares € Govt Bond 15-30yr UCITS ETF (Acc) – EUR (ISIN : IE000XRBP9E3) avec respectivement 430 et 220 millions d’euros.
L’or et plus largement les métaux précieux, en revanche, perdent de leur éclat : les produits cotés (ETP) indexés sur la performance du métal jaune voient partir plus de 210 millions d’euros et ceux sur l’argent, 320 millions supplémentaires. Des flux qui ressemblent à des prises de profits après la forte progression des deux classes d’actifs, qui gagnent plus de 6 % sur la semaine et même 17 % pour les ETP dédiés à l’argent sur le mois.
Plus d'articles du même thème
-
UBS Asset Management réduit les frais de cinq ETF et élargit sa gamme Core
Un ETF Euro Stoxx 50 est ajouté à sa gamme Core, laquelle représente 50 milliards de dollars d'actifs. -
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
Les fonds cotés captent près de 38 milliards d’euros, dont deux tiers vers les ETF actions. La cote américaine en bénéficie, au détriment des valeurs européennes. -
WisdomTree finalise l’acquisition d’Atlantic House
Le fournisseur de produits indiciels renforce ses capacités en ETF actifs et en stratégies à objectif de rendement défini, des expertises jugées incontournables.
A la Une
Les ETF Covered Call : le levier revenu face à des conditions de marché en constante évolution.
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France