L’adoption des ETF par les épargnants français repose avant tout sur les jeunes
Les ETF commencent à s’ancrer dans les habitudes financières des épargnants européens. En 2025, 32,8 millions d’investisseurs individuels ont placé une partie de leurs économies dans les fonds cotés, selon une étude de BlackRock basée sur une enquête menée par YouGov auprès de 40.000 épargnants. En 2022, lors de la première édition de cette étude, ils n’étaient que 19,3 millions. L’Allemagne écrase de très loin ce marché, avec 14,5 millions de particuliers utilisateurs d’ETF. La France, avec ses 2,6 millions d’investisseurs en fonds cotés, reste encore loin derrière mais le rattrapage semble en cours : ce nombre a bondi de 117% l’an dernier. Parmi les Français qui souscrivent des produits d’investissement, 21% optent pour les ETF : ils n’étaient que 11% en 2022.
Une adoption que l’on doit avant tout aux plus jeunes. Près d’un tiers des investisseurs de la tranche 18-34 ans et plus d’un quart des 35-44 ans sont investis en ETF, contre 9% pour les plus de 55 ans, dont les patrimoines sont pourtant généralement plus élevés. C’est ainsi la catégorie des plus bas revenus (moins de 30.000 euros annuels) qui a enregistré la plus forte croissance de son adoption des fonds cotés l’an dernier. «Un particulier investi en ETF sur deux a moins de 35 ans, confirme Arnaud Gihan, responsable de la distribution France chez BlackRock. Ils bénéficient d’une éducation financière qui leur permet de relativiser l’impression de complexité opérationnelle liée à l’investissement et ainsi de sauter le pas.» Des connaissances qu’ils acquièrent directement auprès des médias et des plateformes de recherche en investissement, mais aussi des forums, influenceurs ou de podcasts. 39% des moins de 35 ans estiment avoir, a minima, une compréhension de base des ETF, contre 18% des plus de 35 ans.
Plans d'épargne en pointe
L’un des grands vecteurs de la diffusion des ETF auprès des particuliers est la pratique des plans d’investissement : via ces «savings plans», les épargnants investissent de manière régulière et automatique dans un ou plusieurs ETF choisis au préalable. «Chaque année, 18 milliards de dollars sont placés sur des ETF via ces plans d’investissement, ce qui est gigantesque, se réjouit Timo Toenges, responsable de l’activité Digital Wealth pour la région EMEA chez BlackRock. C’est un concept connu depuis des décennies mais l’innovation apportée par les ETF est de rendre ces plans d’épargne extrêmement accessibles.» Très répandus en Allemagne, ils devraient rapidement gagner du terrain en France, selon BlackRock : 29% des répondants à l’enquête – dont 39% des jeunes qui n’investissent encore dans aucun produit – se disent intéressés par un tel dispositif. En parallèle, le nombre de plateformes offrant ce service (via des compte-titres ou des PEA notamment) augmente.
A lire aussi: Les particuliers français de plus en plus réceptifs aux attraits des ETF
La démocratisation du marché européen des ETF est ainsi en route. Selon les estimations de BlackRock, les investisseurs individuels représenteraient entre 10 et 20% des quelque 3.000 milliards de dollars d’encours mais 30 à 40% des flux, sans compter les solutions à base d’ETF packagées par des gérants professionnels. Leur potentiel de croissance semble en outre intact : quand on rapporte le nombre de particuliers investis en ETF sur le total de la population adulte, et pas seulement à la petite frange qui souscrit des produits d’investissement, leur proportion tombe en France à 5%.
A lire aussi: JP Morgan AM et Bux lancent des plans d’investissement en ETF automatisés pour les particuliers européens
Plus d'articles du même thème
-
Blackrock met le cap sur l’Inde avec un ETF actif
Avec une croissance moyenne de 8% par an depuis 2022 et un marché des capitaux qui suit cette dynamique, l'Inde convainc de plus en plus les investisseurs. -
VanEck lance un ETF dividendes hors États-Unis
Chaque ligne du portefeuille est plafonnée à 5 % et chaque secteur à 40 %, les dividendes étant réinvestis. -
JP Morgan AM retire de la cote un ETF obligataire vert
Clap de fin pour la classe obligataire cotée qui n’a pas trouvé son public.
A la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
Contenu de nos partenaires
-
RaccourciPas de plan « Grand âge » : ce patron qui refuse le fatalisme et l’immobilisme
En l’absence d’action de l'Etat, Guillaume Richard, PDG du groupe Oui Care, a lancé sa propre feuille de route -
C'est loin mais c'est beauGabriel Attal la joue « tradi » pour son entrée en campagne
Il veut tout casser, sauf les codes d'une entrée en campagne. Le leader de Renaissance assure vouloir prendre le temps avant de se déclarer à la présidentielle. « Il faut conserver une forme de sacralité », explique-t-il -
Mamma mia !En Italie, pas de miracle économique pour Meloni
Restée sous procédure européenne pour déficit excessif, fragilisée par une croissance atone et par la crise d’Ormuz, l’Italie voit se refermer les marges que la présidente du Conseil espérait utiliser avant les législatives de 2027