Les actifs numériques sur la blockchain font planer de nouvelles menaces sur la place financière suisse. Si les nouvelles technologies permettent d’améliorer l’efficacité du secteur financier, elles sont également source de dangers, selon un rapport de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma). «Cette année, la Finma publie pour la première fois un monitorage des risques. Celui-ci n’était jusqu’ici qu’un instrument de travail interne. A l’avenir, il paraîtra sur une base annuelle», explique l’Autorité."Le danger de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme se trouve accentué par un anonymat potentiellement plus grand et la vitesse ainsi que la nature transfrontière des transactions», estime le régulateur. «Des irrégularités au sein des établissements financiers actifs dans le domaine des Fintech pourraient fortement nuire à la réputation de la place financière et freiner les évolutions s’inscrivant dans le sillage de la numérisation», selon la Finma. Cette dernière exige que ces activités «respectent au moins les mêmes standards que les affaires traditionnelles». D’un point de vue plus général, la Suisse reste particulièrement exposée aux risques liés au blanchiment d’argent, étant l’un des lieux principaux pour la gestion de fortune transfrontière. De plus, la baisse des marges peut encourager les établissements financiers à «accepter de nouveaux clients financièrement intéressants mais venant de pays émergents présentant de forts risques, notamment en lien avec la corruption», remarque la Finma. Par ailleurs, la suppression de l'équivalence boursière avec l’Union européenne (UE) constitue un tournant. «Dans différentes juridictions, il existe une tendance à durcir les conditions d’accès aux marchés pour les prestataires étrangers», écrit la Finma. Les établissements financiers suisses doivent par conséquent faire face à une insécurité juridique et à des frais supplémentaires. «En raison des négociations en cours entre la Suisse et l’UE, les procédures d'équivalence sont dans l’ensemble aujourd’hui compliquées», remarque le gendarme financier, qui s’inquiète notamment de la possibilité de délocalisation de certaines activités à l'étranger. Parmi les autres préoccupations de l’heure, la Finma relève que les taux de vacance dans l’immobilier locatif ont atteint «des niveaux records», exerçant une pression sur les loyers et les rendements des investisseurs. «L’activité soutenue de construction d’une part et le déclin du solde migratoire d’autre part conduisent à une offre excédentaire dans l’immobilier résidentiel», souligne le gendarme des marchés financiers dans son étude. Ces déséquilibres renforcent «les risques de futures chutes substantielles de prix dans le domaine des immeubles de rendement». Selon les statistiques de la Finma, plus de 60.000 logements destinés à la location étaient inoccupés en Suisse cette année. Le taux de vacance se situait en moyenne nationale à un peu plus de 1,5%, en hausse constante depuis 2009.