Les sociétés de gestion en Europe géraient près de 11.000 milliards d’actifs en prenant en compte des considérations environnementales, sociales ou de gouvernance fin 2019. Ce chiffre global masque une grande variété d’approches en fonction des sociétés et des fonds. L’Efama (l’association européenne des fonds) et Indefi ont cherché dans une nouvelle étude publiée jeudi à mesurer ce marché, en distinguant les pratiques employées au niveau de la société de gestion pour tout ou partie des actifs et les stratégies s’appliquant uniquement à certains produits. A l'échelle des sociétés, l'étude identifie deux types de stratégies: celles de sélection ESG et celles d’engagement. Lasélection ESG représente 10.700 milliards d’euros, soit 45 % des encours totaux du marché de la gestion d’actifs en Europe. Ces stratégies recouvrent là encore une diversité d’approches, qui peuvent être regroupées en deux grands ensembles: les exclusions et l’intégration ESG. Les exclusions, l’une des stratégies de sélection ESG les plus basiques, pèsent 8.000 milliards d’euros, soit 33 % des encours totaux. L’intégration ESG représente quant à elle 8.800 milliards d’euros, soit 37 % des encours. A noter que certains asset manager pratiquent les deux. L’autre grande pratique utilisée au niveau des sociétés de gestion et celle de l’engagement et du vote en assemblée générale. Cela représente 10.200 milliards d’euros. Les stratégies d’impact restent marginales mais sont appelées à croître Les stratégies de sélection ESG appliquées aux produits comprennent quatre approches différentes : les exclusions, l’intégration ESG, les produits axés sur la durabilité et l’investissement d’impact. L’intégration des facteurs ESG est la stratégie de sélection la plus courante au niveau des produits en Europe. Au total, 3.900 milliards d’euros d’actifs sont gérés de cette manière, ce qui représente environ 16 % du total des actifs des fonds et des mandats. Source : Indefi et Efama Les stratégies d’impact, avec 150 milliards d’euros d’actifs, sont les moins répandues. Mais ce secteur connaît un intérêt grandissant de la part des clients et a vocation à croître. Selon l’Efama, plusieurs éléments joueront un rôle crucial dans la poursuite du développement du marché ESG européen : la réduction du «fossé des données» en garantissant la communication de données ESG fiables et comparables par les entreprises en Europe et ailleurs, le renforcement de la transparence grâce à des publications appropriées de la part des gestionnaires d’actifs et l’émergence d’un label européen.