Les perspectives 2021 pour le secteur mondial de la gestion d’actifs sont négatives, estime Moody’s Investors Services. Cela reflète une reprise économique mondiale inégale qui reste vulnérable face à l’augmentation des cas de coronavirus, la volatilité des marchés financiers et l’appétit hésitant des investisseurs pour le risque, selon l’agence de notation. L’agence avait abaissé sa perspective de stable à négative sur le secteur en mars dernier, lorsque la première pandémie a commencé. Elle estime en effet que les tendances séculaires qui ont mis le secteur de la gestion d’actifs sous pression se sont intensifiées depuis le début de la pandémie de Covid-19. Parmi elles, Moody’s cite la détérioration de l’environnement opérationnel, l'évolution des préférences des investisseurs et un contexte hautement concurrentiel dans lequel la taille, la diversité et l’accès à la distribution sont devenus essentiels. «Le secteur est mûr pour se concentrer en raison de sa fragmentation, les dix premières sociétés détenant 35 % des parts du marché mondial et une surabondance de fonds dans les disciplines indicielles», commente Rokhaya Cisse, vice-président adjoint de Moody’s. «La gestion active traditionnelle n’a plus la faveur des investisseurs et la pression sur les frais s’est accélérée pour les produits les plus courants. Aux États-Unis en particulier, les grandes banques et les compagnies d’assurance seront de redoutables prédateurs pour les sociétés de gestion d’actifs qui peuvent accroître leur propre avantage concurrentiel». Dans les prochaines années, Moody’s prédit que les flux se dirigeront vers les placements alternatifs, la gestion ESG et les produits et services axés sur les résultats (outcome). À l’heure actuelle, la part des encours ESG reste faible, mais le potentiel de croissance est important, indique l’agence. La pandémie contribue également à favoriser les opportunités d’investissement respectueuses du climat, tandis que l’innovation numérique offre des possibilités de se distinguer de la concurrence.