Le Royaume-Uni joue en solo sur le vaccin
Le Royaume-Uni a surpris mercredi matin en annonçant son feu vert pour une mise sur le marché du vaccin anti-Covid 19 de Pfizer BioNTech dès le début de la semaine prochaine. Il devient ainsi le premier pays occidental à autoriser le produit, devançant les Etats-Unis et l’Union européenne (UE). La Chine et la Russie ont déjà commencé à vacciner leur population.
Le vaccin sera distribué dans tout le pays à partir du début de la semaine prochaine, a annoncé Boris Johnson, qui s’est enorgueilli d’une nouvelle «fantastique» après avoir été vivement critiqué pour sa gestion de cette crise sanitaire, le Royaume-Uni affichant le bilan le plus lourd en Europe avec, selon les critères retenus, entre près de 60.000 et 70.000 morts.
«C’est la protection des vaccins qui nous permettra au bout du compte de reprendre le contrôle de nos vies, et de redonner du dynamisme à l'économie», a réagi le Premier ministre sur Twitter. «Je suis évidemment absolument ravi de cette annonce, très fier que le Royaume-Uni soit le premier endroit au monde à disposer d’un vaccin cliniquement validé», a appuyé le ministre britannique de la Santé, Matt Hancock. Le directeur des services de santé britanniques, Chris Whitty, a précisé que la vaccination complète des publics vulnérables prendrait jusqu’au printemps prochain.
Le vaccin a été validé en un temps record par l’autorité britannique des médicaments, la Medicines and Healthcare Products Regulatory Agency (MHRA), 23 jours seulement après l’annonce des résultats des essais cliniques par Pfizer et BioNTech, en dehors des procédures de l’Agence européenne du médicament (EMA). De quoi nourrir les tensions avec l’UE, en pleine ligne droite sur les négociations sur les relations post-Brexit.
L’Europe défend sa procédure plus longue
«Je considère que cette décision est problématique et recommande aux Etats membres de l’UE de ne pas répéter le processus de la même manière», a déclaré Peter Liese, un législateur européen membre du parti de la chancelière allemande Angela Merkel.
L’EMA du a mis en garde contre l’approbation précipitée des vaccins anti-Covid. Selon elle, sa procédure plus longue était plus appropriée, car elle était basée sur davantage de preuves et nécessitait plus de vérifications que la procédure d’urgence choisie par le Royaume-Uni.
Selon les règles de l’UE, le vaccin Pfizer doit être autorisé par l’EMA, mais les pays de l’Union peuvent utiliser une procédure d’urgence qui leur permet de distribuer sur leur marché intérieur un vaccin à usage temporaire. L’EMA avait déclaré mardi que, dans le cadre de cette procédure, elle déciderait d’ici au 29 décembre d’autoriser ou non le vaccin de Pfizer BioNTech.
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