Les pays les plus pauvres du monde consacrent désormais plus d’un dixième de leurs revenus d’exportation au service de la dette extérieure, la proportion la plus élevée depuis 2000, a indiqué mardi la Banque mondiale dans son rapport annuel sur sur le sujet. La dette extérieure des économies en développement a doublé pour atteindre 9.000 milliards de dollars, mais les membres de l’Association internationale de développement (IDA), le bras de la Banque mondiale destiné à aider les pays les plus pauvres, ont vu leur dette presque tripler pour atteindre 1.000 milliards de dollars. Le service de la dette extérieure des pays éligibles à l’IDA a atteint 46,2 milliards de dollars à la fin de l’an dernier, soit environ 10,3 % de leurs exportations de biens et de services. En 2010, ce chiffre s'élevait à 3,2 %. «La crise de la dette à laquelle sont confrontés les pays en développement s’est intensifiée», a alerté le président de la Banque mondiale, David Malpass, dans un communiqué. Les créanciers des pays émergents ont aussi évolué. À fin 2021, 61 % de la dette publique et garantie par l'État des pays à revenu faible et intermédiaire était due à des créanciers privés, contre 46 % en 2010.