La sphère européenne de la gestion d’actifs va-t-elle connaître un nouveau bouleversement de taille ? Jeudi soir, l’agence Bloomberg dévoilait des réflexions en cours chez l’assureur Axa concernant le devenir de sa filiale européenne de gestion d’actifs. La rapprocher d’un autre asset manager, et plus particulièrement de l’activité de gestion de Natixis, paraît une option sérieuse. L’opération entre ces deux grands groupes, qui reste pour le moment une hypothèse, aurait pour conséquence de ne pas laisser le géant Amundi, armé de son nouveau destrier Pioneer, faire cavalier seul dans le manège européen.Reste que les discussions risquent d’être compliquées. Les structures de gestion assez similaires des deux maisons promettent des doublons à de nombreux échelons et, selon un analyste d’Oddo BHF, les niveaux supposés assez élevés de ratio « cost/income » dans les deux entités peuvent constituer un frein, tout autant qu’une plate-forme informatique jugée « pas suffisamment avancée ». Sans compter, enfin, que d’autres candidats sont possibles comme BNP Paribas AM, Deutsche Bank AM ou même BlackRock…En attendant, la semaine s’est déroulée avec son lot habituel de mouvements de dirigeants ou de gérants. L’américain General Atlantic a annoncé l’arrivée dans ses rangs d’Henri de Castries, ancien patron d’Axa. Loïc Becue, l’ancien responsable de la gestion diversifiée d’Amundi, a rejoint la boutique Eleva Capital ; Damien Lanternier, ancien gérant star de La Financière de l’Echiquier est parti chez DNCA ; Antoine Moreau a quitté la direction générale d’Ossiam pour créer son entreprise de conseil et enfin, Tobam a confirmé l’arrivée de Frédéric Jamet, ancien directeur des investissements de State Street Global Advisors France, à la tête de ses activités de trading. En France, Via AM a recueilli 50 millions d’euros auprès du fonds de place Emergence. De quoi donner un beau coup de pouce à cette maison atypique. A l’occasion du symposium de Natixis Asset Management, H2O Asset Management, la boutique du célèbre Bruno Crastes, a annoncé qu’elle pourrait réaliser un « soft closing» de certains de ses fonds qui ont connu un énorme succès ces dernières années. Enfin, on notera que pour son dernier rapport sur les risques de marché, le régulateur européen (Esma) s’est inquiété de la valorisation élevée des actifs et d’un risque de bulle sur les marchés. La cybersécurité a aussi été citée comme l’une de ses préoccupations majeures quant aux risques opérationnels, y compris dans la gestion d’actifs. Les directions informatiques ont encore de beaux jours devant elles…