Désormais forts de près de 2.000 signataires, les Principes pour l’investissement responsable (PRI) se sont engagés dans une enquête sur la sincérité de leurs membres. L’enjeu est de taille. A l’heure où les sociétés de gestion et les investisseurs institutionnels se revendiquent massivement comme des acteurs de la finance responsable, le secteur souffre de crédibilité. Surtout, il ne dispose pas d’un organe contraignant qui pourrait les sanctionner si la réalité de leurs investissements se cachait derrière de beaux discours. Nombre d’entre eux paraissent en tout cas faire preuve de bonne volonté. Amundi, par exemple, a annoncé cette semaine la création d’un poste dédié de directeur de l’investissement responsable. Et même les particuliers y sont de plus en plus sensibles. Le journal La Croix et Finansol ont délivré les derniers chiffres en hausse de la collecte de l’épargne solidaire en France. Cette semaine a aussi été marquée par une jolie promotion. Celle de Karine Szenberg, actuelle directrice générale pour la France de Schroders, qui prend la tête des activités européennes de la société de gestion britannique. Bonne nouvelle par ailleurs sur le front des souscriptions. Les sociétés de gestion françaises sont bien placées dans le classement de la vente de fonds en Europe en avril. Leur positionnement important sur les fonds monétaires explique sans doute les bons résultats. Au Royaume-Uni, Standard Life Aberdeen est entré dans une phase de reconquête de ses actionnaires. Il va rendre jusqu'à 1,75 milliard de livres (2 milliards d’euros) à ces derniers dans le cadre de la vente de ses activités d’assurance britannique et européenne à Phoenix Group. Le groupe a sans doute à cœur de faire oublier la perte du mandat de 109 milliards de livres qu’il gérait pour le compte de Lloyds Banking Group.Pour conquérir les investisseurs institutionnels, rien de mieux que de proposer des offres d’investissement dans les actifs réels. Une conclusion qui a amené le groupe Aviva Investors à créer une plateforme dédiée à ces derniers, à l’image des initiatives récentes de quelques grands acteurs dont Amundi. Le groupe Edmond de Rothschild AM a de son côté annoncé que le closing de son quatrième fonds dédié aux infrastructures allait bientôt se terminer. Il vise rien moins que la levée de 700 à 750 millions d’euros et a la particularité d’avoir une partie labellisé TEEC pour «Transition Énergétique et Écologique pour le Climat». L’air du temps voué à l’investissement responsable se confirme partout…