Le plan France 2030 survolte le secteur énergétique
Nucléaire, renouvelables, hydrogène. Le plan France 2030 dévoilé ce mardi par Emmanuel Macron fait la part belle au secteur énergétique. A la fois pour des questions de maintien de souveraineté, la France subvenant aujourd’hui amplement à ses besoins en électricité, que pour répondre à la hausse attendue de la consommation. « Selon les projections de RTE (le gestionnaire du réseau de transport de l’électricité, ndlr), la consommation d’électricité augmentera de 20% dans la décennie à venir, malgré nos efforts d’efficacité énergétique », souligne une source au ministère de la Transition écologique.
Sans attendre la sortie le 25 octobre du rapport de RTE qui doit modéliser les différents scénarios de mix énergétique de la France, le président de la République a donc fixé la feuille de route industrielle.
Des petits réacteurs nucléaires
« L’objectif numéro un, c’est de faire émerger en France d’ici 2030 des réacteurs nucléaires de petite taille innovant avec une meilleure gestion des déchets », a insisté Emmanuel Macron. Un milliard des 30 milliards d’euros du plan France 2030 ira au développement de petits réacteurs modulaires (Small modular reactor, SMR), sans que cela remettre en question les EPR d’EDF. De quoi ouvrir de nouvelles perspectives au groupe public, dont l’action a progressé de 2,81% mardi. « Nucléaire, hydrogène vert, énergies renouvelables = une production d’électricité décarbonée qui répond aux enjeux de lutte contre le réchauffement climatique tout en préservant l’accès à l’énergie et à l’innovation pour tous. EDF sera au rendez-vous ! », s’est exclamé sur Twitter Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF.
Solaire et éolien flottant
Autre priorité d’Emmanuel Macron, les renouvelables, en particulier « les cellules photovoltaïques et l’éolien flottant », précise le ministère de la Transition écologique. 500 millions d’euros seront débloqués. « L’objectif vise à ce qu’une plus grande partie de la valeur ajoutée de la filière soit localisée en France », insiste la source ministérielle.
Actuellement, les éoliennes terrestres érigées en France sont fabriquées hors de l’Hexagone, par des groupes étrangers, comme Siemens Gamesa Renewable Energy et Vestas Wind Systems, dont les actions ont fortement progressé ce mardi en Bourse. Historiquement, la France avait des producteurs nationaux d’éoliennes offshore, avec Asltom et Areva. Mais ces activités sont depuis passées sous pavillon étranger, l’une chez GE, l’autre chez Siemens Gamesa. Compte tenu de la taille des machines, des sites d’assemblage sont toutefois en activité en France.
Cet accent marqué vers les énergies renouvelables a profité au producteur Neoen, dont l’action a gagné 2,06%.
Enfin, la France doit construire « deux gigafactories ou électrolyseurs » pour devenir « leader de l’hydrogène vert » en 2030, ce qui permettra la « décarbonation de l’industrie », a lancé le Président de la République. 2 milliards d’euros seront alloués à l’hydrogène vert. Rien de nouveau de ce côté. Les ressources seront puisées dans le plan hydrogène de 7 milliards d’euros dévoilé fin 2020. Mais elles confirment le biais du gouvernement pour une énergie prometteuse pour les transports et la décarbonation de l’industrie. De quoi conforter les nombreux fonds d’investissement en cours d’élaboration en vue de profiter de la dynamique insufflée par l’argent public.
Les groupes cotés en profitent. HRS a gagné 4,6%. Hydrogène de France a pris 3,82%. McPhy s’est envolé de 16%, également porté par la nomination de son nouveau directeur général.
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