ICG s’offre le fournisseur de services télécoms Circet
En dépit du séisme provoqué par la pandémie de Covid-19 l’an dernier, l’industrie française du LBO ne s’est jamais aussi bien portée. Circet vient d’ailleurs de signer une entrée fracassante parmi les plus grandes opérations de 2021. Selon les informations de L’Agefi, le premier fournisseur de services d’infrastructures télécoms d’Europe vient de passer sous le contrôle d’Intermediate Capital Group (ICG). Dans la dernière ligne droite, l’investisseur britannique – à la tête de 47 milliards d’actifs sous gestion – était confronté à CVC.
La distinction ne se serait pas faite sur le prix, qui a été préalablement établi à 3,2 milliards d’euros (pour près de 350 millions d’Ebitda), mais bel et bien sur l’aisance du gérant à manœuvrer avec une gouvernance faisant la part belle au management. Car dans la nouvelle structure, l’équipe de direction réinvestit massivement ses plus-values de cession jusqu’à détenir 45 % du capital, a appris L’Agefi. « ICG a toujours été plus à l’aise dans ce type d’actionnariat et n’a aucune difficulté à passer du statut de minoritaire à celui de majoritaire », explique un proche de l’investisseur britannique. Chez l’opérateur de maisons de retraite DomusVi, ICG a passé près de quinze ans au capital en tant que minoritaire, avant de transformer l’essai et d’endosser un rôle majoritaire en 2017 – date à laquelle le groupe a été valorisé 2,3 milliards d’euros.
Sortie dorée pour Advent
Dans le cadre de l’enchère animée par Morgan Stanley et Natixis Partners, révélée par L’Agefi en février, plusieurs autres fonds s’étaient positionnés. Parmi eux, BC Partners, Cinven et Access Industries, la société d’investissement du milliardaire ukrainien Leonard Blavatnik (également candidat malheureux au rachat du spécialiste de l’externalisation de la relation clients Webhelp, il y a deux ans), avaient remis des offres.
Avec cette opération, Advent International réalise une sortie dorée. Il y a trois ans, il avait récupéré la majorité du capital du groupe dirigé par Philippe Lamazou sur la base d’une valorisation… d’un milliard d’euros. Sa croissance a été fortement alimenté par le Plan Très Haut Débit, lancé par le gouvernement en février 2013. Aujourd’hui fort d’un chiffre d’affaires de près de 2,2 milliards d’euros, Circet a aussi multiplié les acquisitions en Europe, et plus particulièrement en Irlande, en Espagne, dans le Benelux ou encore en Allemagne. Pour espérer franchir un nouveau cap, le groupe regarde désormais à l’Ouest, en direction du vaste marché américain.
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