Advent International enclenche la vente de Circet
Avec les ventes annoncées de l’enseigne Grand Frais, du pôle services d’Engie et des terminaux de paiement de Worldline, 2021 a tout pour devenir l’année de tous les records pour l’industrie tricolore du private equity. Et la liste des potentiels LBO à plusieurs milliards continue visiblement de s’allonger. Advent International vient de confier aux banques d’affaires Morgan Stanley et Natixis Partners le soin de préparer la cession de Circet, spécialiste des infrastructures télécoms, a appris L’Agefi.
L’entreprise, peu connue du grand public, est pourtant l’une des plus belles pépites en portefeuille du fonds d’origine américaine, qui en est le propriétaire depuis trois ans. A l’époque, elle avait été valorisée un milliard d’euros, soit près de 8 fois l’Ebitda. Advent International s’était ainsi imposé face à PAI Partners et Bridgepoint, pour prendre le relais de Crédit Mutuel Equity – la filiale de Crédit Mutuel CM11 était devenue l’actionnaire de référence du groupe de télécoms après avoir injecté 40 millions d’euros lors d’une remise à plat du capital opérée en 2015.
Cette fois-ci, l’ordre de grandeur a profondément changé. Avec un Ebitda ayant bondi de 128 à 350 millions au cours des trois dernières années, Circet pourrait prétendre à une vente à près de 3 milliards d’euros. Une métamorphose que le groupe dirigé par Philippe Lamazou doit avant tout à la formidable croissance des réseaux de télécommunications mobiles et fixes. Dans l’Hexagone, Circet est devenu l’un des plus importants fournisseurs de services d’infrastructures télécoms et travaille aux côtés des opérateurs, des collectivités et des grands comptes publics. Il a notamment profité du Plan Très Haut Débit, lancé par le gouvernement en février 2013. Celui-ci prévoyait la mobilisation de quelques 20 milliards d’euros en dix ans pour développer l’accès au très haut débit pour tous (dont 3 milliards de subvention apportés par l’Etat à destination des collectivités territoriales).
2,2 milliards de revenus
Circet a donc pleinement bénéficié du développement de la fibre, tout en assurant la maintenance et le déploiement des réseaux télécoms mobiles que sont la 4G et la 5G. «En France, on estime que la moitié de l’infrastructure mobile et un quart de l’infrastructure fixe passe entre les mains de Circet, que ce soit pour assurer la maintenance, la construction ou la connexion», estime un proche de l’entreprise.
Mais la seule croissance organique n’explique pas le bond du chiffre d’affaires de 800 millions à 2,2 milliards d’euros, en seulement trois ans. Pour cela, Circet a enchaîné les acquisitions sur le Vieux Continent. Ce fut notamment le cas en Irlande en 2018 avec KN Group, une entreprise travaillant pour Vodafone, Sky, Virgin ou encore BT et affichant 350 millions d’euros de revenus. Il s’est aussi implanté en Espagne en 2019 en s’offrant Cableven, un partenaire de Vodafone, d’Orange et de Masmovil, ou bien encore en Allemagne – où il a successivement racheté Tombers, Eltel, Cableway, Schneider Networkservice et K&R Eilers, soit un périmètre représentant près de 200 millions de chiffre d’affaires. Également présent en Suisse, en Roumanie, en Grèce et au Maroc, Circet a aussi ouvert un nouveau front au Benelux fin 2020, en jetant son dévolu sur Esas, pour près de 250 millions d’euros. Mais le maillage européen n’en est encore qu’à ses débuts. L’Italie pourrait prochainement figurer sur la feuille de route de l’ETI tricolore, qui n’y a cependant pas encore trouvé de partenaire.
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