Le transport aérien européen tente de s’adapter aux effets du coronavirus
Le transport aérien en Europe fait partie des secteurs d’activité les plus affectés par l’extension de l’épidémie de coronavirus. Déjà fragilisé par le Brexit et les difficultés financières de plusieurs compagnies à bas coûts, il subit désormais l’impact direct de la baisse de son activité dans les zones à risque. Hier, le groupe allemand Lufthansaa fait savoir qu’il réduirait ses vols vers plusieurs destinations du nord de l’Italie et qu’il prolongerait la suspension de ceux vers la Chine. Sa filiale Austrian Airlines réduira son trafic aérien vers l’Italie de 40% en mars et avril, tandis que Swiss pourrait aussi diminuer la fréquence de ses vols vers certaines villes de ce pays.
La compagnie à bas coûts EasyJet avait annoncé des mesures similaires à la fin de la semaine dernière. Le groupe IAG a de son côté constaté depuis le 23 février une baisse notable des réservations vers la péninsule transalpine, en particulier de la part des entreprises. La société mère de British Airways, Iberia et Vueling a annoncé un recul de ses capacités compris entre 1 et 2% cette année. L’entreprise compte réutiliser certaines capacités libérées vers des destinations plus porteuses et elle estime disposer d’une flexibilité sur environ 50% de sa base de coûts. Elle met en avant une structure de bilan solide avec une trésorerie de 7 milliards d’euros plus 1 milliard de lignes de crédit non tirées. «Les investissements industriels et commerciaux resteront inchangés, même si les locations d’avions venant à expiration ne seront sans doute pas renouvelées», relèvent les analystes de Morgan Stanley.
Ayant annoncé que le coronavirus amputerait son résultat d’exploitation de 150 à 200 millions d’euros entre février et avril, Air France-KLM prépare désormais de nouvelles mesures de réductions de ses coûts afin de faire face à «une situation extraordinaire», a déclaré son directeur général, Benjamin Smith. Sa filiale Air France devrait réorienter une partie de son offre vers l’Amérique du Nord, l’Afrique et les Antilles. La plupart des compagnies européennes se refusent désormais à fournir des prévisions de résultats pour l’année 2020.
A l’échelle mondiale, l’IATA, association rassemblant quelque 290 compagnies aériennes, a demandé hier aux autorités de régulation de suspendre jusqu’en octobre les allocations de créneaux horaires au sein des aéroports afin d’accroître la flexibilité des transporteurs.
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