Iliad veut se faire un nom sur le marché des entreprises

le 05/03/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Avec huit data centers en France, plus un neuvième à Amsterdam, Iliad estime disposer de la cinquième puissance de stockage de données en Europe.

Enjeu du stockage des données
Illiad ambitionne de devenir un acteur de référence dans le stockage des données.
(© European Union EC Jonathan Nackstrand)

Situées dans le 15e arrondissement de Paris, sous l’ancien Laboratoire des Ponts et chaussées, ces galeries de 1.500 m2 creusées à 26 mètres sous terre constituaient jusqu’en 1991 l'abri antiatomique officiel du ministère des Transports. Racheté par Iliad en 2012, le site, entièrement restauré, est en train de devenir le huitième data center opéré par le groupe de télécoms en France, avec les quatre de Jaguar Telecom, la société acquise à 75% en janvier dernier pour environ 100 millions d’euros.

«Les 150 baies de stockage que ce site peut accueillir seront commercialisées en quasi-totalité auprès de clients externes. Sa configuration et ses différentes certifications lui permettent de stocker des données sensibles, médicales par exemple, pour de très longues durées», a expliqué Thomas Reynaud, le directeur général d’Iliad, en marge de la signature sur place d’un nouvel accord de financement avec la Banque européenne d’investissement.

La cruciale question
de la souveraineté des données

Avec huit data centers en France, plus un neuvième à Amsterdam, Iliad estime disposer de la cinquième puissance de stockage en Europe et affirme, par la voix de Thomas Reynaud, avoir «l’ambition de devenir acteur de référence» de ce secteur, en mettant notamment en avant le fait qu’Iliad soit «majoritairement détenu par des capitaux français», au moment où surgissent de nouvelles questions sur la souveraineté des données avec le Cloud Act américain. «Notre chiffre d’affaires dans cette activité reste confidentiel mais il doit monter en puissance», poursuit Thomas Reynaud, en rappelant qu’Iliad a fait du marché des télécoms pour les entreprises son principal axe de développement en France.

Le marché français, dont la valeur est estimé à 9,2 milliards d’euros par l’Arcep pour les activités de téléphonie mobile et d'accès internet, est dominé à 70% par Orange, avec SFR en deuxième position (20%). Mais Thomas Reynaud est persuadé que des opérateurs alternatifs peuvent encore s’y frayer un chemin. Bouygues Telecom partage le même avis : le groupe vient de réaliser récemment deux acquisitions dans les télécoms pour entreprises (Keyyo puis Nerim).

Sans compter Jaguar, Iliad intervient actuellement avec plusieurs marques auprès des entreprises (Iliad Entreprises, Dedibox, Online et Scaleway). Une réflexion est en cours pour déterminer s’il serait utile de les regrouper sous une seule et même bannière.

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