Atlantia sécurise le capital de Getlink
Atlantia étend sa toile en France. Après avoir acheté en 2016 avec EDF Invest 60% du capital de l’aéroport Nice-Côte d’Azur, le groupe italien d’infrastructures est depuis vendredi l’actionnaire de référence de Getlink, nouveau nom d’Eurotunnel. Atlantia a engagé 1,056 milliard d’euros pour racheter Aero 1 Global & International, un véhicule d’investissement contrôlé par des fonds de Goldman Sachs Infrastructure Partners, et mettre ainsi la main sur les 15,49% qu’il détenait au capital de Getlink. Le prix par action ressort à 12,40 euros, soit une prime de 20% sur le dernier cours de Getlink. Celui-ci a fini à 11,64 euros vendredi (+11,54%).
L’administrateur délégué d’Atlantia, Giovanni Castellucci, s’est dit satisfait de ce niveau de participation et ne voit «aucune nécessité de prendre d’autres initiatives» à ce stade. En récupérant les droits de vote double dont bénéficiait Aero 1 Global & International, Atlantia aura 26,66% des droits de vote, ce qui lui donne un réel pouvoir en AG.
«L’arrivée d’Atlantia est une formidable nouvelle, gage de stabilité (...)», s’est félicité Jacques Gounon, le PDG de Getlink. Il trouve un allié précieux au moment où TCI, deuxième actionnaire de l’exploitant du tunnel sous la Manche avec 11,08% du capital et 9,54% des droits de vote, commençait à faire entendre son mécontentement sur la gouvernance du groupe. Face à ce danger, Jacques Gounon s’était engagé la semaine dernière à céder la direction générale dans trois ans. L’entrée amicale d’Atlantia au capital sécurise le vote de cette résolution lors de l’AG du 18 avril.
La démission fin 2017 de Philippe Camu, le représentant de Goldman Sachs au conseil d’administration de Getlink, avait envoyé le signal de la volonté de sortie du fonds de la banque. «Cela créait de l’instabilité, ce qui n’est jamais bon pour un groupe», reconnaît une source proche mais «Atlantia ne met pas 1 milliard d’euros au capital de Getlink pour le protéger de qui que ce soit».
«Getlink est très proche d’une concession autoroutière, avec des revenus indexés sur l’inflation», poursuit cette source et bénéficie d’un droit pour exploiter le tunnel jusqu’en 2086, ce qui explique la prime dont a toujours bénéficié le groupe sur des infrastructures plus classiques. En outre, avec un Ebitda de 3,76 milliards d’euros en 2017, Atlantia a réduit son ratio de levier à 2,6 fois fin 2016 contre 3,1 fois un an auparavant, ce qui lui redonnait du pouvoir d’achat.
Atlantia était conseillé par Nomura et Bredin Prat.
Plus d'articles du même thème
-
UBS a contribué à la vague de rachats chez Blue Owl
Le groupe bancaire UBS a conseillé à certains clients de sa banque privée, particulièrement exposés à la dette privée, de réduire leurs allocations, rapporte le Financial Times. Cette recommandation a lourdement pesé sur le Technology Income Fund de Blue Owl, dont environ 60% du capital provenait de clients UBS, principalement asiatiques. Le fonds a subi environ 400 millions de dollars de retraits au quatrième trimestre 2025, puis des demandes représentant plus de 40% de sa valeur début 2026. L’épisode illustre la dépendance des fonds semi-liquides aux grands réseaux de banque privée, estime le FT. -
PSG Equity prend le contrôle de l'éditeur de logiciels BrightAnalytics
Dans un contexte marqué par l'essor de l'intelligence artificielle et la pression sur les valorisations du software, PSG Equity investit dans BrightAnalytics pour soutenir son développement international. -
Le fardeau des actifs non cédés s'alourdit dans le private equity
Si le marché des sorties affiche son meilleur trimestre depuis deux ans, une poignée de méga-cessions masque un stock d'actifs toujours plus difficile à écouler.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- Le Crédit Agricole a injecté au total plus d’un milliard d’euros dans BforBank
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
« Il menace de tout faire basculer » : pourquoi le phénomène climatique El Niño inquiète les experts
Sécheresses, moussons, typhons... Le phénomène climatique El Niño est de retour et il pourrait être l'un des plus puissants connus à ce jour, avec des conséquences dramatiques dans le monde -
Troisième acteQuels chantiers pour la rentrée 2026 ? L'agenda senior des entreprises
Chaque semaine, avec l’Opinion, retrouvez les conseils d’Emmanuel Grimaud, président de Maximis et expert en gestion des fins de carrière, pour mieux gérer votre troisième partie de vie professionnelle -
CarrièreIkigaï, détermination, réseautage, organisation, mental, la méthode pour rebondir !
A 62 ans, Valérie Tallepied vient de lancer Rebond.pro, une plateforme basée sur l’IA qui accompagne les candidats, en poste ou pas, dans leur recherche