Cinven profite de l’empressement des anciens actionnaires de Labco
La Bourse n’avait pas voulu de Labco à 1,27 milliard d’euros, seuil minimal de la fourchette de prix indicative retenue pour l’IPO. Cinven en a profité pour emporter la mise pour 1,2 milliard d’euros. Le fonds d’investissement britannique, qui connaît bien le secteur du diagnostic médical via ses précédents investissements dans Sebia ou Phadia, paie ainsi le premier groupe français de laboratoires de biologie médicale environ 8,5 fois l’Ebitda estimé pour 2015. En le mettant en Bourse, les actionnaires de Labco, 3i en tête, espéraient en retirer au minimum 9 fois l’Ebitda et jusqu’à 10 fois en haut de fourchette.
Le multiple payé par Cinven est très inférieur à celui des grands comparables de Labco, comme l’américain LabCorp (11,5 fois) ou l’australien Sonic (13 fois). La décote s’explique notamment par la structure de capital et l’environnement juridique de Labco, deux arguments qui ont refroidi les investisseurs au moment de l’IPO, notamment ceux d’origine française. Si la plupart des marchés européens dans lesquels Labco exerce sont libéralisés, la loi française contraint la propriété des sociétés d’exercice libéral de biologistes médicaux. De même, l’encadrement tarifaire en France a joué contre Labco. Face à ces risques, les investisseurs en Bourse voyaient mal pourquoi ils devaient souscrire à l’augmentation de capital de la société dans le but d’assurer le refinancement de la dette LBO du groupe.
Enfin, le fonds a profité de la situation inconfortable des actionnaires vendeurs. Le temps commençait à presser pour 3i et les autres fonds au capital (CM-CIC Investissement, Viking et Ixen Investissement). Le LBO sur Labco a été monté en 2008. Une première tentative de cession en 2012 avait échoué faute de prix suffisant. Les actionnaires ont préféré cette fois faire un effort pour enfin passer la main. 3i, qui détenait 17,22% de Labco, va récupérer en direct 58 millions d’euros, soit 15% de mieux que la dernière valorisation de la participation dans ses livres. Il avait engagé 111 millions d’euros de fonds propres dans le dossier en 2008 avant d’en syndiquer par la suite une partie auprès d’Omnes. Avec les dividendes reçus, 3i se dit satisfait de son retour sur investissement.
A charge désormais pour Cinven de soutenir la politique d’acquisitions de Labco. Le fonds devra au préalable refinancer les 700 millions d’euros de dette high yield du groupe. Emise en 2011, elle paie un coupon de 8,5%.
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