L’Union européenne lance six fonds de fonds pour aider les start-up
Son nom : VentureEU. Son but : aider les start-up européennes à grandir sans s’exiler aux Etats-Unis. Son mode d’action : la constitution de six fonds de fonds, des structures privées soutenues par le budget européen qui investiront elles-mêmes en capital-risque.
Le programme lancé hier engage 400 millions d’euros du budget européen dans les six fonds. Cela devrait leur permettre de lever plus de 2 milliards d’euros, qui seront à leur tour investis. Ce qui devrait se traduire par 6,5 milliards d’euros de nouveaux investissements dans 1.500 start-up et scale-up du continent. «C’est le boost dont l’industrie a besoin !», se réjouit Michael Collins, directeur général d’Invest Europe.
Le but est bien sûr de contrer le retrait des capitaux privés hors de ce secteur stratégique amorcé depuis la crise. «Aux Etats-Unis, les assureurs et fonds de pension investissent entre 5 et 10% de leur capital dans le venture capital. En Europe, ce chiffre est proche de 0», détaille Francisco Velazquez, président de Axon Partners, une société espagnole qui a été sélectionnée pour gérer l’un des fonds. «Et pourtant, depuis 2014, les retours sont meilleurs en Europe», insiste-t-il.
La somme finale reste malgré tout très faible au regard du défi à combler. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2016, les capital-risqueurs ont investi environ 6,5 milliards d’euros dans l’Union européenne (UE), contre 39,4 milliards d’euros aux États-Unis. Et l’UE ne compte que 26 licornes, contre 109 aux Etats-Unis et 59 en Chine.
Par ailleurs, dans un continent caractérisé par des fortes divergences réglementaires et sociales entre les 28 Etats membres, mettre de l’argent public sur la table ne suffira pas. Ainsi, en 2017, un rapport de l’Association pour les marchés financiers en Europe (AFME) préconisait des mesures juridiques pour soutenir le financement des start-up, comme la mise en place d’un passeport européen pour les gérant de capital-risque, ou la création d’un «cadre juridique unique» pour toutes les jeunes pousses.
A la Commission, on précise toutefois que d’autres initiatives pourraient suivre. Les services étudient notamment la possibilité d’une action complémentaire de levier pour les entreprises en expansion – un projet baptisé ESCALAR (European Scale-Up Action for Risk Capital).
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