La France reste une tortue de l’adoption de l’IA en entreprise
L’intelligence artificielle a bien pris racine au sein de l’entreprise. Selon une enquête menée par OpinionWay pour le compte de l'éditeur de solutions de gestion Cegid au printemps auprès de 2.000 salariés dans quatre pays européens, l’IA au bureau concerne 84% des personnes interrogées au Portugal (+19 points en un an), 82% en Espagne (+9 points), 75% en Allemagne (+9 points).
La France est à la traîne avec 70% en dépit d’un bond de 12 points. Une place en queue de peloton également concédée quant à l’intensité d’utilisation, 40% (+16 points) des salariés espagnols indiquant utiliser l’IA régulièrement, contre 33% des allemands (+5 points), 32% des portugais (+9 points), … et 25% des français (+3 points). Les salariés de 18 à 29 ans bien entendu mènent la danse, avec un usage régulier atteignant respectivement 61%, 51%, 43% et 47%. Les jeunes français s’appuient sur l’IA, mais également moins intensément que leurs voisins européens.
Cadre
Mais surtout, l’enquête relève qu’en quelque sorte les salariés font la course en tête de manière individuelle et non dans le cadre d’une pratique formalisée par l’entreprise. La plupart d’entre elles se trouvent encore en phase de test, et une minorité de salariés interrogés (de 34% au Portugal à 45% en Espagne) assurent que leur entreprise a créé une fonction dédiée au déploiement de l’IA. Et une entreprise sur cinq envisage de le faire dans les mois qui viennent. Cegid souligne que les ETI se distinguent favorablement à ce titre. Pas de doute pour Bruno Vaffier, le directeur général de Cegid, « il appartient désormais aux organisations de donner un cadre aux usages de l’IA, d’investir dans les bonnes solutions et d’accompagner leurs collaborateurs. C’est cette capacité d’exécution qui fera la différence ». Pour l’heure, parmi les entreprises ayant au moins fait des tests sur l’IA, une moitié environ ont fourni à leurs salariés des outils spécifiquement adaptés à leurs métiers (de 46% au Portugal à 61% en Espagne).
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Bienfaits
Les utilisateurs de l’IA en entreprise en louent les bienfaits. Dont en premier lieu le gain de temps, estimé à 3 heures hebdomadaires en moyenne par les salariés français, à 4 heures par les allemands, 5 heures par les portugais et même 6 heures par les espagnols. Les salariés allemands placent ensuite comme principal atout de l’IA dans leur travail un apport en matière de créativité et de réduction des erreurs, quand les salariés espagnols et portugais apprécient la réactivité renforcée grâce à l’IA. Etonnamment, pointe Cegid, mais cela pourrait s’atténuer au fil du déploiement des stratégies IA au niveau de l’entreprise, une très large majorité de salariés interrogés (de 79% en Allemagne à 88% au Portugal) estiment qu’ils pourraient « effectuer leur travail avec le même niveau de performance s’ils n’avaient plus accès à l’IA ».
«Osez l’IA»
Le gouvernement français entend bien d’ailleurs poursuivre ses efforts pour répandre cette culture au sein de l’ensemble des entreprises françaises. Efforts mis en musique avec le plan «Osez l’IA», qui vient de fêter ses 1 an. A cette occasion, Bercy a affirmé que l’adoption de l’IA par les entreprises a triplé en deux ans et a confirmé l’objectif de taux d’adoption de 100% pour les grandes entreprises, de 80% pour les PME et de 50% pour les TPE d’ici 2030. « Notre cap pour l’année qui vient est clair : passer de la sensibilisation à l’action, aller chercher les entreprises qui pensent encore que l’IA n’est pas pour elles, et faire en sorte que cette transformation profite à tous », a martelé Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique.
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