Bel Re, la vingtième captive de réassurance française
Le groupe Bel (3,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, pour 11.000 employés) constitue un vrai cas d’école. En 2023, alors que le cadre «à la française» venait de se constituer, cette entreprise familiale a commencé à réfléchir à la pertinence de créer une captive de réassurance. Son objectif : stimuler la concurrence entre les assureurs du marché, frileux de couvrir l’activité agroalimentaire.
Après une étude technique de faisabilité qui a fini de le convaincre, Alain Le Bihan, directeur des assurances du groupe spécialisé dans les produits laitiers, a présenté son projet en interne. Il a dû faire preuve de pédagogie face à des dirigeants industriels peu rompus au sujet de la captive de réassurance, notamment en déconstruisant la vision d’un outil d’optimisation fiscale. « Le domicile France s’est naturellement imposé : proche de notre centre de décision et de gouvernance. Tout regrouper nous a paru plus pratique en termes d’organisation et de logistique. »
Le projet a donné de la visibilité aux sujets risques et assurances en interne
Dès le départ, Alain Le Bihan a une vision claire des risques à placer dans la captive. Il souhaite mutualiser deux lignes : le risque responsabilité civile et rappel de produits (long terme) et le risque dommages et pertes d’exploitation (court terme), très peu sinistré grâce à une politique de prévention efficace. « Cette complémentarité nous a donné un business plan très robuste, que nous avons valorisé dans nos échanges avec l’ACPR lors de notre demande d’agrément. Cette étape nous a demandé énormément d’efforts, mais nous a aussi permis de challenger notre étude initiale. »
Accompagné par un captive manager, Alain Le Bihan et l’équipe de gouvernance ont répondu point par point aux questions du superviseur, sur une période d’environ six mois. Finalement, entre l’étude de faisabilité et l’obtention de l’agrément en avril 2025, il aura fallu deux ans. « Il est trop tôt pour dresser un bilan, mais notre objectif premier a été atteint, puisque nous avons pu travailler avec de nouveaux assureurs et optimiser nos couvertures d’assurance. Et je suis satisfait de constater que le projet a donné de la visibilité aux sujets risques et assurances en interne. Nous devons maintenant surveiller et faire vivre notre captive. »
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