La «protection» liée aux droits de rachat d’une structure conforme au format Ucits qui devraient être rapidement mis en œuvre est de peu de valeur si les investissements du fonds ne peuvent être liquidés facilement ou s’ils ne peuvent l'être qu'à des prix cassés, estime le cabinet de recherche Cerulli Associates dans la dernière livraison de son périodique européen («The Cerulli Edge- Europe Edition»). Avec les préoccupations croissantes que suscite le risque d’illiquidité, la marque Ucits est confronté à une vraie menace si les sauvegardes professionnelles assurant des rachats réguliers et rapides sont mis à mal par des marchés asséchés. Une maison genevoise assurant la liquidité de hedge funds conformes au format Ucits a ainsi indiqué que le risque d’illiquidité est déjà manifeste dans les investissements de certains véhicules liquides. Comme certains des plus gros portefeuilles de hedge funds ont grandi si rapidement et qu’ils ont en outre investi dans des valeurs moyennes et des petites capitalisations, il faudra parfois jusqu'à deux ans pour déboucler certaines positions. Dans ces conditions, il sera bien difficile de liquider à des prix raisonnables pour honorer des demandes de rachat en l’espace de quelques jours. Certains gérants dans le secteur des hedge funds Ucits ne semblent pas totalement insensibles à ce risque d’illiquidité qui menace certaines stratégies. L’an dernier par exemple, il est arrivé que jusqu'à 40% des actifs de hedge funds actions directionnels onshore soient dans des portefeuilles fermés aux investisseurs. «Il peut sembler contradictoire de déployer un véhicule alternatif liquide pour ensuite limiter son accès aux investisseurs d’une manière ou d’une autre», remarque David Walker, directeur de la recherche institutionnelle en Europe chez Cerulli. «Toutefois, limiter les possibilités de souscription dans un fonds a du sens pour le gérant et ses clients si l’alpha du gérant est menacé par la taille du fonds, où si des marchés au plus bas empêchaient d’honorer en bonne et due forme des demandes de rachat», ajoute-t-il.