Les banques européennes nettoient leurs bilans à un rythme soutenu
Les cessions de portefeuilles de prêts bancaires pourraient signer un nouveau record cette année en Europe. Selon une étude du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC), les établissements du Vieux Continent ont en effet déjà cédé 55 milliards d’euros d’actifs au premier semestre, soit 20% de plus que l’an dernier à la même époque. Le cabinet anticipe désormais un montant global de près de 150 milliards d’euros sur l’ensemble de 2015, soit 65% de plus que le record de 2014.
«Les demandes insistantes des actionnaires pour continuer leur nécessaire restructuration et leur deleveraging, qui ont été confortées par l’AQR de la BCE réalisé l’an dernier, ont poussé les banques à accélérer [le mouvement]», note PwC. Le cabinet souligne que les portefeuilles de crédit hypothécaires et les prêts garantis par de l’immobilier commercial ont constitué 80% des transactions, contre 70% en 2014.
Fondant sa prévision annuelle sur les 84 milliards d’euros de transactions en cours, PwC estime globalement que les cessions ne devraient pas ralentir dans les prochaines années étant donné le stock de 2.000 milliards de prêts à céder. Les banques britanniques et irlandaises, qui devraient à elles seules totaliser cette année 40% des cessions, contre 50% des 250 milliards vendus entre 2010 et 2014, devraient demeurer actives.
Parmi les transactions enregistrées cette année figure la vente en avril de 5,6 milliards de dollars de prêts à des entreprises américaines par RBS. Plus récemment, Lloyds Banking Group avait de son côté vendu 2,6 milliards de livres de créances.
Selon PwC, les transactions devraient par ailleurs décoller cette année en Espagne, où les montants doubleraient à 45 milliards d’euros. Suivraient ensuite l’Allemagne et l’Italie, avec respectivement 25 et 15 milliards d’euros. «Les transactions en Italie devrait dépasser cette année l’ensemble des ventes bouclées ces cinq dernières années», note PwC.
Le nettoyage du bilan des banques pourrait néanmoins être contrarié par un durcissement des conditions de financement sur les marchés du crédit. Les récentes transactions réalisées «à un prix élevé» ont été facilitées «par des marchés de dette favorables, qui permettaient aux investisseurs de prendre du levier», rappelle l’étude, publiée avant les dernières turbulences financières.
Plus d'articles du même thème
-
TPT devient le deuxième superfund britannique à passer l'évaluation du régulateur
TPT Retirement Solutions a levé du capital pour reprendre des régimes de retraite à prestations définies dont l'employeur historique souhaite se défaire. -
Emmanuel Macron était à Doha pour le sommet du Club des fonds souverains pour la planète
Ce point d’étape dans l’agenda du président français a été l’occasion de réaffirmer les engagements des participants pour répondre aux défis structurels de l’économie mondiale. -
Le marché de l’assurance appréhende un nouveau week-end de troubles
Alors que de nouvelles mobilisations contre la vie chère se profilent le week-end du 24 octobre malgré l’interdiction de manifester dans certaines villes, les assureurs ne veulent pas avoir à gérer les conséquences de nouveaux débordements. Le caractère répétitif, simultané et concentré des dommages pouvant conduire à l’inassurabilité de ces risques.
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- La retraite par capitalisation cherche sa forme avant la présidentielle
Contenu de nos partenaires
-
Octobre rouge« Si on ne casse pas, on n’obtient rien » : cette jeunesse séduite par la violence
Mûs par une haine de la police, une fascination pour LFI ou une culpabilité de « privilégiés », des lycéens et étudiants jugent que la casse est un dommage collatéral d’une « colère légitime » -
Chasse aux sorcières« Du maccarthysme à l’ancienne » : comment la rhétorique de Lecornu fait les affaires de Mélenchon
A force de voir l’ombre de LFI partout, sans jamais reconnaître ses propres manquements, le chef du gouvernement achève de dresser toute la gauche contre lui -
EditorialFermeté de la justice avec les émeutiers : assez de cris d’orfraie !
Les mêmes qui s’indignent immanquablement des attaques contre les « juges rouges » sont tout à coup bien prompts à accréditer l’idée d’une justice aux ordres