La Société Générale veut s’allier avec les fintech contre les Big Tech

le 21/10/2020 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Hier, le patron de la banque de la Défense a exposé les priorités du groupe en matière de transformation digitale.

La Société Générale à La Défense.
Le groupe de La Défense revendique 50% de clients digitaux.

J’ai décidé de superviser moi-même l’informatique, c’est une culture au cœur de notre succès futur. Je fais de temps en temps du Python», a déclaré hier Frédéric Oudéa, patron de la Société Générale, lors d'une web conférence sur sa transformation digitale. Le groupe, qui revendique 4.700 API (interface applicative de programmation), dépense 4,4 milliards d’euros par an dans l’informatique. 78% de ses infrastructures sont dans le cloud hybride. Au cœur de la stratégie digitale du groupe, la question de la data, reste «un enjeu capital», assure son patron. «Par rapport aux autres secteurs de l’économie, nous avons énormément de données, nous savons ce qui se passe dans la vie de nos clients», confie-t-il.

Les priorités de la nouvelle stratégie de la banque de détail tiennent en trois axes : la centricité client, la finance responsable et l’efficacité grâce notamment, à la technologie. Sa stratégie digitale se développe à la fois en externe et en interne. La Société Générale a lancé l’Internal Startup Call, un programme d'intrapreneuriat pour stimuler l’innovation des collaborateurs : au total, 15.000 personnes y ont participé, 9 start-up sont issues de ce concours. 

La Société Générale veut s’inscrire dans une logique collaborative avec les nouveaux acteurs. A ce jour, elle regroupe notamment Boursorama ou encore, Treezor, Shine et une dernière arrivée : Prismea, la néobanque du Crédit du Nord à destination des professionels. Ces filiales permettent au groupe de conquérir de nouveaux clients. Boursorama, qui compte 2,5 millions de clients, en viserait 4 à 5 millions d’ici 2025. «Ces fintech ont souvent besoin de s’appuyer sur des grands groupes. La vraie concurrence de demain provient des Gafa», estime Frédérique Oudéa.

Il y a deux ans, la Société Générale a racheté la plate-forme Treezor, qui est passée de 30 à 100 collaborateurs et s'étend désormais dans huit pays. Son nombre de clients a aussi augmenté de 20 à 70 clients. La plate-forme a notamment lancé certaines fonctionnalités à destination des jeunes, notamment le projet Zelf qui permettra de payer par messagerie instantanée. 100.000 personnes seraient déja inscrites. En juin, la Société Générale a fait l’acquisition de la banque pour les professionnels Shine, qui revendique déjà 70.000 clients. Cette semaine, le Crédit du Nord, a lancé la commercialisation de Prismea. «Nous nous adressons à des tailles d’entreprises qui sont plus restreintes. Prismea a un segment clientèle plus grand», estime Nicolas Reboud, co-fondateur et patron de la néobanque.

Si les fintech visent particulièrement les jeunes, la Société Générale veut continuer de miser sur un segment clé : l’épargne. «Les plus âgés ont aussi besoin d’un service autour de l’épargne. Ces clients ont besoin du digital et de s’assurer que l’épargne sera là demain», estime Frédéric Oudéa. «Si les systèmes technologiques peuvent aider, on a aussi besoin d’une incarnation dans un service qui sera là un peu comme le médecin de famille. On a une transition à gérer et on ne peut pas se concentrer que sur une catégorie de la population», ajoute-t-il.

Alors que le Covid-19 a mis en avant l’importance du digital, son patron considère que si la crise n’a pas «changé» la nature de la transformation digitale du groupe, elle est un facteur d’accélération de cette tendance. Le groupe revendique 50% de clients digitaux, 91% de paiements et virements via le digital et 30 connexions digitales mensuelles par client, contre une moyenne de 34 en France. La crise du coronavirus aura été un «stress test» grandeur nature de la capacité de résilience de la banque.

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