Les finances des banques italiennes sont sous pression
Le regain d’inquiétudes sur la soutenabilité de la dette italienne met les banques transalpines sous pression. En retard sur leurs plans de financement 2018, les établissements voient en effet leurs coûts de financement grimper et le marché se fermer, alors même que la détérioration du spread italien se traduit par une érosion de leurs fonds propres réglementaires. Si la plupart des établissements disposent encore de réserves suffisantes, une prolongation de ces conditions de marché pourrait poser problème l’an prochain.
En difficulté pour restaurer leur rentabilité, pénalisées par des encours de prêts non performants - qui totalisent près de 10% chez Intesa Sanpaolo -, les banques italiennes ont par ailleurs massivement acheté de la dette locale à partir de la crise de 2011. «Les évolutions de spread (…) impactent les bilans via les portefeuilles de trading et ceux d’actifs disponibles à la vente», rappelle CreditSights, ajoutant que «les premiers génèrent des profits ou des pertes tandis que les seconds font varier les capitaux propres». Une double punition d’autant plus douloureuse que selon les calculs de la firme d’analyse, les volumes détenus par Monte dei Paschi totalisent 257% de son ratio CET1, contre respectivement 217% chez Banco BPM, 140% chez UBI Banca et 121% chez UniCredit.
Seule banque systémique italienne, UniCredit n’a pour l’heure bouclé que 32% de son plan de financement 2018, soit environ 18,5 milliards d’euros à émettre, dont 4,5 milliards d’obligations seniors non préférées. Si la banque peut voir venir, grâce à une réserve de liquidités de 135 milliards d’euros, le groupe a clairement pris du retard sur la constitution de ses fonds propres réglementaires éligibles au TLAC. «Il pourrait y avoir un risque, une fois le calme revenu sur le marché, que l’offre de papier fasse s’écarter les spreads d’UniCredit», estime ING.
Si Intesa Sanpaolo est davantage avancée, avec un programme de financement effectué à 44%, et n’a pas à faire face aux exigences du TLAC, cette problématique est plus aiguë encore chez Banca Carige, qui doit présenter pour fin novembre un nouveau plan de financement et a besoin d’au moins 200 millions d’euros de dette subordonnée pour remplir ses exigences réglementaires. Monte dei Paschi doit de son côté émettre une dette subordonnée de 700 millions d’euros d’ici la fin de l’année dans le cadre de son plan de sauvetage. Banco BPM et UBI Banca ambitionnent quant à elles d’émettre respectivement 3,8 et 3 milliards d’euros au deuxième semestre.
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