«La DSP2 permet d’autres types de transactions»
L’Agefi : La deuxième directive sur les services de paiement (DSP2) menace-t-elle votre activité ?
Bill Gajda : Pas du tout. Nous y voyons une opportunité d’aider les banques à fournir de nouveaux services digitaux. L’industrie ouvre ses réseaux grâce aux API (interfaces de programmation, ndlr) depuis deux ou trois ans seulement. La DSP2 accélère cette tendance. Grâce aux API, nous n’avons plus besoin de nouveau matériel informatique pour tester des innovations. C’est le sens de notre partenariat avec la plate-forme Marqeta. Par ailleurs, les API Visa permettent notamment de connecter Apple Pay ou Android Pay à notre réseau. Ensuite, la DSP2 permet de développer d’autres types de transactions. La majorité des paiements sont initiés par le marchand (pull payment), mais ceux initiés par le payeur (push payment) progressent, pour le paiement de particulier à particulier par exemple.
Quelles innovations sont dans votre radar ?
Nous travaillons beaucoup sur nos capacités de paiement instantané et allons les augmenter. Il y a aussi l’authentification biométrique passive : par exemple le microphone de votre smartphone qui écoute et vérifie en permanence qu’il s’agit bien de vous, la reconnaissance de votre géolocalisation, de votre appareil. Pour activer ces services, il faut le consentement explicite des utilisateurs. Nous sommes un partenaire de confiance, il est donc essentiel qu’un utilisateur puisse activer ou désactiver un service personnalisé quand il le souhaite. Enfin nous suivons le développement des objets connectés, avec le paiement de machine à machine (parkings, stations-services…).
Pourtant, le paysage des paiements évolue très lentement…
Dans les paiements, l’adoption des innovations par les utilisateurs peut prendre du temps. Par exemple, sur les services de fidélisation comme le cash-back, nous sommes très prudents. Avant d’en lancer, il faut être sûr que le consommateur les souhaite et qu’ils sont pertinents. Les marchands avaient testé ces services, mais en poussant trop de messages et ces offres n’ont pas rencontré le succès. Mais le plus grand danger serait de ne pas s’engager dans l’innovation et les nouvelles technologies. D’autant que les créateurs de nouveaux services veulent tirer avantage de l’ampleur du réseau Visa. Au final, notre vrai concurrent c’est le cash, et non les autres opérateurs de paiements électroniques. Il y a tellement d’opportunités juste en remplaçant le cash, c’est là qu’est la croissance.
Plus d'articles du même thème
-
L'assurtech Neat annonce un partenariat avec Visa
La fintech bordelaise d'une centaine de salariés joue désormais dans la cour des grands. Avec ce partenariat, son nombre d'assurés décuple à une trentaine de millions. -
Worldline s'associe avec Circle dans les paiements en stablecoins
Circle a lancé mercredi CPN Managed Payments, une plateforme destinée aux banques, fintechs et prestataires de services de paiement, pour traiter les paiements en stablecoins. Worldline est un de ses premiers clients. -
Hapto profite de la facturation électronique pour conquérir les PME
La fintech, incubée chez Sopra Steria, lance le premier agent embarqué directement intégré aux plateformes de gestion des TPE et PME pour leur simplifier l’accès aux services financiers.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- TotalEnergies annonce la couleur avant ses résultats trimestriels
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- Bouygues, Free et Orange entrent en discussions exclusives pour racheter SFR
- La faible volatilité des indices actions est une anomalie
Contenu de nos partenaires
-
RaccourciPas de plan « Grand âge » : ce patron qui refuse le fatalisme et l’immobilisme
En l’absence d’action de l'Etat, Guillaume Richard, PDG du groupe Oui Care, a lancé sa propre feuille de route -
C'est loin mais c'est beauGabriel Attal la joue « tradi » pour son entrée en campagne
Il veut tout casser, sauf les codes d'une entrée en campagne. Le leader de Renaissance assure vouloir prendre le temps avant de se déclarer à la présidentielle. « Il faut conserver une forme de sacralité », explique-t-il -
Mamma mia !En Italie, pas de miracle économique pour Meloni
Restée sous procédure européenne pour déficit excessif, fragilisée par une croissance atone et par la crise d’Ormuz, l’Italie voit se refermer les marges que la présidente du Conseil espérait utiliser avant les législatives de 2027