La Société Générale taille encore dans sa banque de détail
L’empreinte physique des banques continue de s’étioler. La Société Générale, qui présente aujourd’hui son nouveau plan stratégique à l’horizon 2020 à l’occasion d’une journée investisseurs, compte poursuivre le plan de rationalisation de son réseau pour atteindre 1.700 agences d’ici 2020 contre 2.000 aujourd’hui. Cela représente une centaine d’agences supplémentaires supprimées par rapport aux annonces faites fin 2015, et se traduira par environ 900 suppressions de postes en complément des 2.550 déjà annoncées, précise la banque dans un communiqué. Visant une automatisation de 80% des processus internes, la Société Générale prévoit un nouveau plan d’économies de 1,1 milliard d’euros pour atteindre un coefficient d’exploitation inférieur à 63% à l’horizon 2020.
La banque de La Défense souhaite par ailleurs mettre fin à l'érosion de ses revenus, alors qu’elle a vu son produit net bancaire reculer de 8% sur les neuf premiers mois de l’année après une contraction de 1,3% en 2016, et vise une croissance annuelle moyenne de ses revenus supérieure à 3% d’ici 2020. La banque privée, qui suscite toujours plus de convoitises, a pour objectif d’enregistrer 200 millions d’euros de revenus supplémentaires sur la période, tandis que la clientèle entrepreneuriale doit générer 400 millions d’euros dans le même temps. L’international n’est pas en reste, avec une croissance supérieure à 8% en moyenne attendue en Afrique et à 11% en Russie, où la filiale de la Société Générale rebondit suite à la crise économique qui a touché le pays ces dernières années. Des cessions d’actifs sont également en vue pour «les activités n’ayant pas la taille critique ou non génératrices de synergies», à hauteur de 5% des actifs pondérés du groupe, soit environ 17,5 milliards d’euros.
Ce nouveau plan stratégique, intitulé «Transform to Grow», doit permettre à la banque française d’améliorer sa rentabilité, portant son RoE à 10% en 2020 contre un niveau de 7,8% en 2016. La Société Générale anticipe un bénéfice par action de 6,5 euros à cet horizon, et vise d’ici là un taux de distribution de 50% avec un plancher de 2,20 euros pour son dividende. De quoi faire changer les investisseurs d’avis, espère-t-elle, alors que son cours de Bourse a reculé de 8% cette année quand l’indice bancaire européen s’adjugeait près de 6%. Dans l’immédiat, la restructuration de la banque de détail se traduira par une charge de 400 millions d’euros au quatrième trimestre, à laquelle pourraient s’ajouter 170 millions d’euros liés à la surtaxe d’impôts sur les sociétés.
Plus d'articles du même thème
-
BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
Les deux banques sont entrées en négociations exclusives pour céder Uptevia à Euroclear. Elles avaient mis en commun leurs activités dans cette coentreprise en 2023. -
UniCredit est aux portes des 50% chez Commerzbank
Le groupe italien a désormais obtenu 17,6% de sa cible allemande via son offre publique. Il devrait être en mesure d’en prendre le contrôle mais pas encore de mettre en œuvre une fusion complète. -
Les dettes AT1 pourraient devenir un sujet de compétitivité pour les banques
La Banque des règlements internationaux a exposé ses propositions pour les dettes subordonnées Additional Tier 1 (AT1). L’institution donne l’impression de vouloir imposer aux banques européennes de nouvelles règles complexes, pas toujours adaptées.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
- Les actions coréennes approchent du bear market
- L’éthique algorithmique s’imposera bientôt au secteur financier
Contenu de nos partenaires
-
Vie de coupleLe Pen-Bardella : le pari d'un ticket inédit
Pour son lancement de campagne, Marine Le Pen vante le « ticket gagnant » qu’elle forme avec Jordan Bardella pour 2027. Une configuration inédite – et dangereuse ? – sous la Ve République -
EntêtementQuoi qu'il en coûte, l'Iran veut garder la maîtrise du détroit d'Ormuz
Le régime iranien a encore visé des navires empruntant le passage stratégique, quitte à déclencher la fureur de Donald Trump -
Prise de risqueGabriel Attal et Edouard Philippe peuvent-ils survivre à la campagne imposée par Marine Le Pen ?
Une candidature avec un bracelet à la cheville ? La leader du RN a pris son risque et savoure ce qu'elle appelle une « renaissance ». Elle promet de libérer le pays. Autant de mots qui ont fait l'identité politique des macronistes. Mais ont-ils la capacité de réagir ?